Je lis actuellement Missionnaire, un des "carnets de Joann Sfar" (j'ai déjà dit que j'adorais Joann Sfar ?). Dans ce carnet, donc, il écrit (page 127) :
Nous sommes donc le 3 Novembre 2006 et je quitte une France en pleine campagne électorale : mes compatriotes ont peur des Arabes, des Noirs, des pauvres, des banlieues, du monde. Moi, j'ai peur qu'ils élisent Nicolas Sarkozy, l'homme du moment. [...] A titre personnel, j'ai la conviction que la gauche au pouvoir ne parviendra à résoudre aucun des problèmes du pays. Les choses resteront telles qu'elles sont. En revanche, si Nicolas Sarkozy est élu président, je lui fais confiance pour que tout se dégrade très vite. A l'image de Georges Bush qu'il admire, Sarkozy n'a pas son pareil pour exacerber les tensions et souffler sur les braises.
Je roule en Renault Laguna (1,9 litres diesel, 115
chevaux). Cette voiture est incapable de dépasser les 200 km/h, si j’en crois
les données constructeurs.
Or, ma fille de 6 ans me demandait récemment pourquoi le
compteur allait aussi loin (260 km/h !), puisque nous lui avions indiqué,
comme vitesse maximale autorisée, 130 km/h (soit la moitié du compteur en
question, pour ceux qui n’ont pas suivi).
Cette hypocrisie qui existe dépasse bien entendu le cadre de
la simple anecdote sur les compteurs de voitures. Elle touche à la conception
même des véhicules, qui, pour pouvoir aller à de telles vitesses, ne sont pas
optimisés pour les vitesses légales, sans même parler du danger potentiel additionnel qu'ils représentent à ces vitesses.
Je suis donc favorable à un bridage en sortie d’usine des
véhicules commercialisés en France, dans un délai relativement court (2010
semble possible). Ce bridage pourrait par exemple se faire à 140 ou 150 km/h, afin de garder
une réserve de puissance pour les situations particulières.
Quant aux véhicules dont l’utilisation est autre que
routière (de type voitures utilisables en circuit ou en rallye), je propose qu’elles puissent
faire l’objet de dérogations et soient, en contrepartie, munie d’un
enregistreur de vitesse semblable à celui que l’on trouve sur les poids-lourds.
A charge pour les titulaires de ces véhicules de prouver que les vitesses
excessives ont été atteintes dans des conditions légales.
Pour ceux qui parleraient de nouvelle loi répressive,
j’ajouterai que tout cela serait au contraire entièrement transparent pour
l’utilisateur, et permettrait à terme de limiter la répression sur autoroute au
profit des réelles zones de danger, où le dépassement de vitesse autorisée
n’est pas un problème uniquement technique (type centre-ville).
En entrant dans cette semaine de manifestations et de grève (reconductible ?), je rêve que le blog-brunch soit accueilli avec des slogans et des banderoles...
Le blog-brunch ! Le blog-brunch ! Si t'es fier de lire l'blog-brunch frappe dans tes mains ! Qui ne saute pas n'lit pas l'blog brunch ! brunch ! Libérez, le blog-brunch, libérez le blog-brunch !
Et même les contre-manifestations, conduites, kif suprême, par Christine Boutin :
Blog-brunch, si tu savais, tes articleeuuhs, tes articleeeeuuuhs, blog-brunch, si tu savais, tes articles où on s'les met ! Le blog-brunch, au bucher !!! Le blog-brunch au bucher !! Blog-brunch, salaud, le peuple aura ta peau !
Bon, allez, retour au rayon réalité. Quoique, j'ai quand même eu un appel affolé hier soir, d'un ami me demandant, fébrile, s'il y aurait bien un blog-brunch aujourd'hui ;-) (spéciale dédicace à Pierre).
Respect de l'environnement : la route est droite, mais la pente est rude. On n'a plus l'occasion de parler de Raffarin, mais il nous reste ses aphorismes. Mais là n'est pas le sujet. Hier, après 6 mois dans mon appartement, je me suis décidé à le mettre enfin un minimum en conformité avec mes convictions
environnementales (il faut dire que les propriétaires précédants travaillaient chez EDF, et n'avaient sans doute pas ressenti l'irrépréssible besoin de diminuer leur consommation...).
Je suis donc allé acheter une quinzaine de lampe basse-consommation (ce qui veut quand même dire sortir 120 €. A quand une exonération de TVA ?...). Il est certain que la seule logique économique, et sous réserve de pouvoir dégager facilement l'investissement que cela représente, rend ce choix logique (économies sur facture EDF, plus durée de vie supérieure).
Toutefois, qu'elle n'a pas été ma surprise en constatant que toutes ces belles ampoules bien propres étaient emballés dans...des blisters en plastique non recyclables ! Et ce, quelle que soit la marque (philips, osram, ou d'autres....). Bref, cela montre une fois de plus que le business, en tant que tel, n'est que rarement capable de proposer des solutions acceptables sur le plan environnemental.
J'ai failli tourner le dos et repartir sans mes ampoules, et puis bon, je me suis dis que ce n'était pas la solution. Mais, en descendant la poubelle pleine de plastoc, tenant mon fils de l'autre main, j'ai quand même ressenti, disons-le, une certaine absurdité dans la situation.
Pas de politique dans le BB de ce dimanche. Non, je n'ai pas envie. Et puis j'en ai déjà parlé dans mes deux derniers billets (qui m'ont d'ailleurs valu une affluence considérable). A ce propos, le nombre d'étrangers
emprisonnés hors de nos frontières est de l'ordre de 1700 personnes, ce que je ne mentionnais pas dans mon post-scriptum, n'ayant pas le chiffre à l'époque. Bonjour le bilan carbone avec un voyage pour 10 libérations. Avantage : ça fera du boulot à notre Présipereur, et, si on échange nos étrangers contre nos compatriote, ça libèrera 10000 places de prison en France.
Mais j'ai dis que je ne parlais pas de politique. Sinon, je vais dire du mal de Jean-Marie Cavada, qui annonce qu'il réfléchit à la proposition de l'UMP de prendre la tête d'une liste dans le 12e. Je cite JMC : "Je réfléchis à cette proposition. (...) Si j'y vais, ce sera en tant que candidat d'ouverture MoDem pour l'UMP". Il faudrait même ne pas trop me pousser pour que je dise du mal de Corinne Lepage, qui préside Cap21 et voit bien son parti, selon l'AFP, "garder une existence politique "autonome" ".
Bref, je ne parlerai pas de politique aujourd'hui. Ça m'embêterait de passer pour un aigri.
Naissance d'une controverse. Amis sérieux, passez votre chemin. Car la controverse dont il est question n'est que footballistique. Alors que Grégory Coupet, le gardien de l'OL, s'apprête à faire son retour suite à une vilaine blessure, le journal l'Equipe, jamais avare de polémiques, semble en créer une
avec son remplaçant en équipe de France, le gardien du PSG Mickaël Landreau. Après avoir lu sur le Web que le journal sportif relayait dans la semaine les propos de G. Coupet signifiant qu'il n'aurait pas encaissé lui-même le but de 30 mètres contre l'Ecosse (!), je lis ce matin avec étonnement la note de Landreau dans l'équipe suite au match nul du PSG contre Nancy (2e de ligue 1, quand même): 4/10. Oui, vous avez bien lu. Il est assez rare de voir un gardien noté à moins de 5 lorsqu'il n'a pas pris de but. Que peut-on lui reprocher ? De ne pas avoir marqué ? Bref, même si l'on sait que le système de notation individuel est au mieux une absurdité, je vous fiche mon billet que cela annonce d'autres prises de position et gros titres à venir : "Landreau au fond du trou", "Coupet veut reprendre son bien", "Landreau ne se voit pas comme un intérimaire". Le pire, c'est qu'ils sont même capables de faire un sondage : Domenech peut-il aligner Landreau et Coupet ensemble ?
Dans le style sondage idiot(pléonasme ?), Ifop et le JDD ont demandé aux "français" (c'est à dire 958 personnes selon la méthode des quotas), s'ils seraient favorables, "en cas d'éclatement de la Belgique" (sic), "au rattachement de "la Wallonie, c'est à dire des provinces francophones, à la France" (ce qui au passage, laisse le flou sur la région de Bruxelles...).
Comme toujours, nous serions bien en mal de savoir à quoi sert un tel sondage, mais ça permet au journal de faire la Nalyse de la situation (on n'est plus dans le domaine du blog-brunch, mais du café du commerce), et de proposer la réaction d'Eric Libert, secrétaire général du Front des francophones (!), qui affirme ainsi "qu'il n'y a pas d'équation entre la sécession de la Flandre et le rattachement de la Wallonie à la France". Dont acte. Mais il ne semble pas étonné par la façon qu'à l'hebdomadaire de ramener à une question aussi simplette un problème aussi complexe que celui de la nature de l'état Belge.
Ah oui, au fait, 54% des français se sont déclarés favorables à ce rattachement. Sans doute alléchés par les prometteurs derbies Sedan-Anderlecht en Ligue 2 de football.
Hubert-Félix, tu es grand. Je ne suis pas vraiment du style groupie, mais j'avoue une certaine
admiration pour ce qu'est capable de faire Hubert-Félix Thiéfaine. Ses albums sont (presque)
tous bons, et même ses "lives" renouvellent avantageusement son répertoire.
Son dernier live, le Scandale Mélancolique Tour, fait suite à l'album du même nom. J'étais complètement passé à côté de cet album Live, pourtant sorti dès mars 2007. Le bon côté, c'est que j'ai eu le plaisir de le découvrir quasi-spontanément, ce qui comblera l'attente (pas trop fébrile, je vous rassure) de son album avec Paul Personne.
J'ai personnellement un faible pour la chanson Gynécées, qui gagne à être chantée sans l'auteur de la musique, Cali (mais j'aimais bien aussi avec le chevelu perpignanais, hein). L'étranger dans la glace est également au plus haut dans mon classement personnel des chansons d'HFT.
Mais l'extrait musical que je vous propose, il est tirée du nouveau site de l'émission Taratata (www.mytaratata.com) :il s'agit de Confessions d'un never been, qui a - entre autres - recueilli les faveurs de Gus pour la qualité de ses arrangements sur le "Scandale mélancolique tour".
Au passage, je trouve dommage que ce nouveau site ait pris le parti de tronquer les extraits vidéo. Bon, pour la plupart, je pense que l'on peut les retrouver ailleurs mais sans ce parti pris, le site aurait été incontournable.
Allez, je vous laisse chiner (ne ratez pas Zazie et HFT quand même !, ou encore Babooshka).
Pour conclure l'intermède musical, toujours trouvé sur ce site, je vous livre une curiosité de 1994 : Vas-y-guitare, joué par Goldman, Jones, et Bertignac himself !
PS : un dernier clin d'oeil à Gus : tu cherches France Gall + Jealous Guy, et demain, tu te rases...
La croissance reprend. Celle du nombre de détenus, en tous cas. Le Monde daté de Samedi consacre un long article à l'application de la loi du 10 Août, celle qui fixe des peines planchers. Au-delà des exemples frappants (2 ans de prison pour le vol d'un porte-monnaie contenant 10 euros par exemple), le journal rappelle quelques éléments de la loi. Comme beaucoup, je pense avoir retenu la règle pour le cas d'une récidive, à savoir qu'une décision inférieure à la peine plancher doit être « spécialement motivée » et invoquer « les circonstances de l’infraction, la personnalité de l’auteur ou des garanties d’insertion ou de réinsertion », ce qui est un premier frein objectif au choix par le juge de la peine la plus adaptée. Mais en cas de deuxième récidive, ce que j'avais pour ma part oublié, le juge, s'il veut « prononcer une peine autre que l’emprisonnement » n'a qu'une seule possibilité : ils doit rédiger une décision « spécialement motivée » invoquant les garanties « exceptionnelles » d’insertion ou de réinsertion du délinquant. Un premier bilan de la loi a été fait en Septembre, et indique que déjà 60% des cas se sont traduits par l'application stricte de la loi anti-récidive (sur 118 cas jugés).
Je ne suis pas, c'est clair, partisan de la loi anti-récidive. Mais, au moins, si l'on décide d'emprisonner plus, faisons le dans des conditions décentes. Or, et alors même que la loi pourrait augmenter de 10000 le nombre de détenus en 5 ans, la surpopulation carcérale est déjà importante, puisque le taux d'occupation des prisons est déjà de 120% ! Et je n'ai pas trop entendu l'Etat communiquer sur sa volonté de résoudre ce problème...
Le Monde, qui n'a pas l'habitude de prendre autant parti dans ses pages, illustre son article par un dessin de Vincent Sardon représentant un juge, les yeux bandés, écrasant avec son marteau de petits personnages représentant les justiciables. Et dans l'éditorial, on peut lire cette phrase que je reprends volontiers à mon compte :
Vouloir rassurer l’opinion est une chose. Mais à quel prix et pour quel résultat ? Une justice automatique est une justice aveugle. Et une justice aveugle conduit, inévitablement, au déni de justice.
Ca, c'est fait...Parce que la France sera toujours la France, en Rugby du moins, l'aventure mondiale s'est donc achevée hier pour les Bleus (si l'on ne tient pas compte du match pour la 3ème place). Pas grand chose à dire si ce n'est que les regrets seront grands. Tout d'abord, pour toutes les occasions laissées en route, et pour le manque d'ambition apparent dans les choix offensifs (mais j'étais dans mon fauteuil, pas sur le terrain, hein...). Mais aussi pour le "cadeau" de la deuxième minute. D'habitude, les coups du sorts arrivent plutôt en fin de match, là, c'était sur la première action... Bref, la frustration vient surtout d'être privé de finale et de toute la bonne ambiance qui l'aurait accompagnée. Maintenant, bravo aux Anglais et encouragements aux Argentins pour leur match de ce soir.
ADN et immigration, suite. Après les différentes réactions et mobilisations, la prochaine étape pour cet élément du projet de loi, qui comporte d'autres dispositions étranges d'ailleurs, sera la commission paritaire du parlement, mardi prochain. On verra ce qu'il en adviendra. Puis ce qu'en dira le Conseil Constitutionnel. En attendant, force est de constater que cela servira de test pour savoir jusqu'où on peut (ne pas) aller en France sur ce type de sujet.
Bien sûr, on me rétorque souvent que la majorité des français est en phase avec cet amendement. C'est vrai, si l'on en croit cet article du Nouvel Observateur. Bien sûr, c'est un sondage OpinionWay, dont la crédibilité a souvent été contestée, mais n'ergotons pas. La tendance est sans doute juste. Toutefois, on note que si les 3/4 des Français semblent approuver le projet de loi, alors que 56% seulement approuvent l'amendement. D'autre part, une lecture de ce sondage révèle l'incongruité de certains arguments de députés UMP, laissant entendre que ces tests ADN permettront de faciliter les démarches des immigrés (!). En effet, la question qui est posée porte sur l'utilité pour réduire la fraude... Et cela, il sera toujours impossible de l'établir statistiquement (quelle base de comparaison utiliser en effet ?).
Je reste donc opposé à cet amendement, et je remercie les sénateurs et députés qui ont eu le courage de voter contre (ou au moins de s'abstenir), en particulier ceux de l'UMP qui ont sans doute résisté à pas mal de pressions formelles et informelles. Et je ne remercie pas ceux qui ont voté pour alors qu'ils n'avaient pas de raisons autre que personnelle de le faire (UDF-MODEM notamment). Enfin, certains me diront que les votes ont permis de rendre moins choquant cet amendement. Comme j'ai eu l'occasion de l'écrire déjà, cela est encore pire, car cela prouve que cet amendement est avant tout symbolique, et pas opérationnel. Faire des symboles en utilisant des Hommes, c'est quelque chose qui ne peut que choquer les humanistes.
De l'intérêt de posséder un journal. Arnaud Lagardère intervient aujourd'hui pour se défendre contre les accusations de délit d'initié qui pèse sur lui. Il le fait dans... le Journal du Dimanche (JDD), qui appartient à... Arnaud Lagardère ! La boucle est bouclée. Le journal a au moins le mérite d'afficher clairement le fait que l'interviewé est aussi le propriétaire du journal... Mais combien de personnes pourraient, dans ce cas, bénéficier d'une telle tribune ? De fait, et bien que n'étant pas un fan du boycottage, je n'ai pas acheté ce journal ce matin. Et un point de plus pour les contempteurs des médias sous influence.
Grosses bises à mes lectrices chéries,
PS : on dit parfois que les journalistes déforment les propos. J'ai été succinctement interrogé par un journaliste de Lyon Capitale, qui reproduit assez fidèlement mes propos sur Génération Démocrate : "“La démocratie interne doit être une priorité, sinon le Modem ne pourra
pas s'installer durablement dans le paysage politique” poursuit un
autre, Luc Ragon."
PS 2 (rajout du soir) : Il y aura donc une liste Modem indépendante à Lyon. Cf. l'interview de F. Bayrou dans le progrès de Lyon. Un succès donc pour l'initiative Génération Démocrate, mais surtout une bonne nouvelle pour les sympathisants de cette ville !
EADS, les masques tombent. J'ai malheureusement oublié de parler d'EADS ce matin. Cette histoire est un véritable scandale industriel, voire politique, l'avenir nous le dira peut-être. En tout cas, il est heureux que l'AMF ait rendu publiques ses conclusions sur un délit d'initié probable. Il faut dire que, pour le rater, celui-là, il fallait être aveugle. Espérons maintenant que la justice pourra avancer, et que les responsabilités, et les éventuelles culpabilités pourront être clairement établies. Si l'on voit plus loin, il est évident que le problème de la détention d'actions ou de stocks-options par les dirigeants d'entreprises ou par les salariés doit être encadrée par des règles de transparence et de morale (je n'ai pas peur des mots, comme dirait l'autre). A titre personnel, je pense que l'actionnariat salarié est une excellente chose, et devrait être un des combats prioritaire des progressistes et des syndicats. Pour en revenir à EADS, qu'on ne me parle pas de hasard ou d'initiatives individuelles, il est improbable que ces ventes aient été faites sans informations non-publiques. Car, sinon, comment expliquer que la chute du titre n'ait pas été plus immédiate ? Maintenant, le balais des avocats va se mettre en place, et l'affaire risque d'être en sommeil médiatique pendant plusieurs mois. Nous verrons, à moins que les enquêtes ne concluent à un non-lieu, si l'on peut s'enrichir en France au mépris de toute déontologie (rappelons que la déontologie, basiquement le respect des règles ou devoirs, s'oppose en philosophie au "conséquentialisme", c'est à dire "la fin justife les moyens", toujours en simplifiant, hein).
Génération Démocrate, dernières nouvelles. Je viens de voir que plus de 60 personnes avaient rejoint l'initiative, dont Gilles Vesco (qui a piloté entre autre à Lyon la mise en place du fameux Vélo'V). Pour une initiative rendue publique Jeudi, c'est une première victoire. Qui doit se concrétiser dans les jours à venir et démontrer que chaque citoyen peut être acteur du changement. On pourrait imaginer que M. Azouz Begag, candidat à la candidature lui aussi, et qui dit dans Lyon Mag d'Octobre qu'il "ne voit pas comment on pourrait définir qui a le droit de voter pour choisir la tête de liste", prenne contact avec nous pour que nous lui fassions des propositions techniques en ce sens : nous y avons évidement déjà réfléchi. Pour lui ou pour les autres citoyens intéressés par cette démarche, je rappelle l'adresse du site : www.generation-democrate.org
J'encourage en particulier ceux qui hésitent encore à afficher leur soutien à cette action pour des raisons personnelles ou professionnelles. Ainsi, on note que des gens qui étaient seulement sympathisant ont franchi le pas de l'implication personnelle grâce à notre initiative, ce qui prouve que du mouvement et des idées collectives peut naître l'action individuelle.
Allez, une petite expression triviale pour exprimer mon
profond dégoût et l'amère surprise que constitue le vote par le Sénat de cet amendement honteux, je pèse mes
mots, sur la mise en place des tests ADN.
Cette dernière partie, défendue becs et ongles par le
gouvernement après avoir été initié par M. Mariani (j'espère qu'il y quelqu'un
là-haut qui vous regarde, monsieur), est intolérable, et inattendue (ce qui est
moins le cas du reste du texte, pour l'innatendu je veux dire...).
Pour démontrer sa valeur uniquement
symbolique, et donc destinée à créer un précédent, il suffit de voir comment
cet amendement a été vidé de toute substance opérationnelle (filiation
maternelle, intervention d'un tribunal, prise en charge sans condition par
l'Etat, etc.). Il suffit de savoir que la précédente loi votée par la même
majorité n'a toujours pas vu ses décrets d'application publiés.
Il suffit de voir encore avec quelle mauvaise foi et quelle
imprécision F. Fillon défend le texte. Confondant "demandeurs
d'asile" et "demandeurs de titres de séjour" (véridique), il
déclare, dans le plus pur style 'la fin justifie les moyens', "Afin de passer d'une immigration subie à une
immigration choisie, nous entendons nous doter de tous les instruments
nécessaires."
Du coup, je me retrouve à avoir remercié les Sénateurs pour
rien dans mon précédent billet, alors que c'est un mépris absolu que méritent
ceux qui ont voté ce texte. Un ami, pourtant habituellement mesuré, comparait avec
justesse cette instrumentalisation de l'Immigration à une nouvelle affaire
Dreyfus.
En attendant un "J'accuse" (ou une possible
censure du Conseil Constitutionnel), je vais, à mon humble niveau, voir comment
on peut publier la liste des parlementaires qui ont soutenu ce texte. Et voir
ainsi si l'on peut, en réponse à ces gens qui ont cru bon de réhabiliter par la
loi les usages douteux de la génétique, réhabiliter la vieille habitude des
listes.
Oui, je sais, Eye of the tiger, c'était le 3. Mais je n'y ai pas pensé la dernière fois.
Bon, et puis, si t'es pas content, si ça fait pas assez "authentique", t'es pas obligé de lire la suite.
Et la photo est de moi. Oui, je sais le tigre est un peu près, mais j'ai fait bien attention d'être du bon côté du vent, j'ai retenu ma respiration, et j'ai appuyé sur le déclencheur.
Merci Lefred-Thouron. Vous connaissez peut-être ce dessinateur atypique, qui sévit, entre autres dans le Canard Enchaîné ou l'Equipe Magazine. Pourquoi lui dire merci ? Parce qu'il a osé, en une du Canard, ce dessin fabuleux (voir ici). Ce dessin donc, titré "tollé contre le test ADN pour les étrangers", représente un fonctionnaire disant à un homme étranger (et noir de peau) : "Tu préfères qu'on te marques au fer rouge ? Comme tes ancêtres ?". Oui, c'est excessif, cela s'appelle de la caricature... Mais ça fait du bien de lire cela ces jours-ci. Alors, encore merci, Monsieur !
A noter aussi une belle tribune d'Axel Kahn et Didier Sicard dans Le Monde, où ils estiment notamment que la proposition de réaliser des tests ADN est "une régression radicale de la pensée du peuple français, au moins telle qu'elle est exprimée par ses représentants, en ce qui concerne la nature de la famille".Malheureusement, Le Monde a réduit ses délais d'accès aux articles d'archive, et celui-ci n'est déjà plus accessible gratuitement. Je ne mettrai donc pas le lien.
Passé inaperçu (1). Dans le genre "passé presque inaperçu alors que ça n'aurait pas dû", l'adoption lors du vote à l'Assemblée Nationale de la Loi sur l'Immigration, d'une disposition autorisant "la collecte de données de nature ethnique en vue d'études sur mesure de la diversité et des discriminations". Ce sujet est important, et beaucoup de sociologues le réclament depuis longtemps. Jusqu'à présent cela n'avait jamais débouché, car beaucoup y voient nombre de désavantages, à commencer par l'obligation de "qualifier" les individus en fonction de critères pas si simples que ça a établir.
Pour ma part, je suis opposé à cette mesure, non seulement pour l'argument donné plus haut, mais aussi parce que je ne vois pas ce qu'on va faire avec ces statistiques. Ou enfin si, je ne vois que de mauvaises choses, de type fichage ou quota d'immigrés. Mais surtout, je trouve scandaleux que ce débat soit escamoté dans une loi qui ne porte pas précisément sur ce sujet, et qui, associé aux autres mesures démagogiques et liberticides de la loi, donne une bien triste image de nos députés. Et quasiment pas de mesures pour empêcher l'emploi non-déclaré ou les filières d'immigration clandestine mises en places dans certaines professions.
Passé inaperçu (2). Grâce à la chronique de Delfeil de Ton dans le NouvelObs, j'ai pris connaissance d'un passage moins médiatisé du discours de notre président au MEDEF (j'ai vérifié, c'est sur le site de l'Elysée !). Nicolas Sarkozy y dénonce la pratique des lettres anonymes (j'y reviendrai dans un billet), et ose cette comparaison fallacieuse.
À quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration,
est une page sombre de notre histoire et de tolérer des contrôles
fiscaux ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? Ce n'est pas la
République cela !
Eh, Madame Simone Veil, ça ne vous interpelle pas ? Comparer la dénonciation de personnes que l'on enverra à la mort sur le simple fait qu'elle soient juives, et la dénonciation, certes malsaine, de personnes dont on déterminera, à l'issue d'un débat contradictoire et mené par un Etat de droit, si elle ont ou non fraudé, n'est-ce pas franchir des limites nauséabondes ?
L'affirmation "Il est parfaitement possible de dénoncer " sous X " et l'administration garantira l'anonymat" est aujourd'hui souvent fausse, du fait d'une désorganisation des services de l'état et de connivences qui, malheureusement, rendent encore ces services perméables (sinon, comment expliquer qu'encore aujourd'hui, par exemple, tant de contraventions "sautent"). Et ce n'est pas honorer les chefs d'entreprise que de laisser penser qu'ils peuvent être sensibles à ce genre d'argument. Si l'on suit votre logique habituelle, M. Sarkozy, ils ne devraient pas avoir peur si ils n'ont rien à se reprocher...
Les déclinologues de tous poils - comme Nicolas Baverez - se plaisent à décrire une France qui chute. Cette chute, ils l'attribuent, ou ils la mesurent, sur des critères économiques. Je ne sais pas s'ils ont raison. Ce qui est clair, c'est que l'esprit d'entreprise n'est pas forcément une valeur très répandue dans notre pays. Ou plutôt, elle s'appuie trop souvent (mais pas toujours) sur le ressort de la réussite financière avant tout. Pour le reste, c'est difficile à dire...
Le vrai déclin, je le vois plutôt arriver sur les valeurs humaines et sociales, sur le recul des droits et des libertés individuelles. Nous avons depuis quelques mois en France un ministère de l'immigration et de l'Identité Nationale, et cela ne semble plus gêner grand monde (Brel chantait "on n'oublie rien de rien, on s'habitue... c'est tout"). Il y a quelques semaines, on a pu être témoin de faits qui semblaient constituer une entorse grave aux principes de la séparation des pouvoirs. Puis, on a parlé de quota d'expulsions, de femmes et d'hommes qui n'étaient que des statistiques reconduites à la frontière. On a pu voir aussi que les parlementaires n'étaient plus rien, quoique si, plus que des procureurs qui sont eux-mêmes plus que des juges.
Et puis, et puis, on a eu cette proposition d'amendement sur les tests ADN... Je crois qu'il ne m'était jamais arrivé d'avoir aussi honte d'être français que lorsque j'ai appris que l'Assemblée avait voté le texte.
Alors pourquoi "ou pas" quand je parle du véritable déclin de la France ? Parce que, en fait, avec un peu de lucidité, il est peut-être temps de se rendre compte que la France a toujours été ce pays vaguement réactionnaire, ce "creuset" auto proclamé où l'on met si longtemps à se fondre, ce territoire où l'étranger est si souvent méprisé, quand il n'est pas rejeté. Cette République un peu inaboutie où la corruption, le favoritisme et le népotisme règnent encore trop souvent.
Je me rends à l'évidence, un peu triste, mais j'aurais tant aimé, même par hasard, même malgré moi, pouvoir être fier de faire partie du "pays des droits de l'homme".
Si vous n'êtes pas Lyonnais ou sympathisant du Modem, vous n'aviez peut-être pas de bonne raison de visiter le blog de Sébastien Perros. Avec le billet Je propose un test ADN, vous en avez une. Alors allez-y !
Allez, vous reprendrez bien quelques muffins ? Dans ce cas, je vous livre avec plaisir un nouveau blog-brunch, aussi bric-à-brac que les précédents.
Ou va passer le milliard de l'AII ? L'AII, c'est cette Agence pour l'Innovation Industrielle créée sous le règne Chirac sous l'impulsion de son ami Jean-Louis Beffa. Il était écrit qu'elle ne survivrait pas au changement de président... Il a ainsi été annoncé qu'elle serait fusionnée avec OSEO (ex-Anvar), mais les modalités n'ont pas été précisée. La tendance serait toutefois à une disparition de l'AII en tant que telle, si l'on en croit les différents médias qui ont communiqué sur le sujet. Mais bon, que faire de l'argent disponible (Près de 2 milliards d'Euros étaient affecté à la première enveloppe de dotation, peu utilisés) ? Annie Kahn, dans Le Monde du 15 septembre, résume bien la pensée générale, à l'heure où l'Etat prévoit d'injecter près de 2 milliards d'Euros annuels dans la réforme du Crédit d'Impôt Recherche (voir aussi ma note du 8 Août) : Si l'AII disparaissait, plus d'un milliard d'euros reviendraient dans les caisses de l'Etat. Tentant.
Quitte à ne pas me faire d'amis, je trouve assez logique la relaxe de M. Frêche, en tous cas pour le motif d' "injure raciale". Il ne m'apparaît pas défendable de condamner pénalement quelqu'un dans ces conditions. Il ne peut pas être prouvé qu'il a vraiment traité de "sous-hommes" des personnes en tant que membre d'une "communauté" (j'exècre ce terme...), et la tournure de sa phrase laisse même penser que l'insulte était bien ciblée sur les personnes en tant que telle. Et nous ne sommes pas au Festival de Cannes : on ne condamne pas quelqu'un pour l'ensemble de on oeuvre !
Par contre, je comprends la colère des personnes régulièrement prises à partie par M. Frêche. La meilleure façon de punir ce "personnage", et de ne plus avoir à supporter ses invectives et ses provocations, c'est tout simplement de se battre pour qu'il ne soit plus élu. J'espère que le Parti Socialiste, qui l'a bien tardivement exclu, ne le soutiendra pas lors des prochaines échéances électorales. Une franche mise en échec dans les urnes serait une bien meilleure réponse qu'une condamnation contestable.
Titre savoureux du JDD (mais probablement involontaire), à propos de l'intervention à venir de Brice Hortefeux devant les députés" : "L'homme lige monte au front". Vues les dernières propositions en date, et l'approbation qu'elles semblent trouver auprès de Jean-Marie Le Pen, le titre aurait pu s'écrire "Brice Hortefex monte au Front". D'ailleurs, Pierre Haski le suspectait déjà d'être en charge de cette "mission" entre les deux tours des législatives (Hortefeux caresse l'électeur FN dans le sens du poil)
Le MODEM tient son université d'étéà Seignosse, dans les Landes. Le parti (qui, faute de congrès fondateur, n'en est pas encore officiellement un) compte déjà quelque 65000 adhérents, à comparer, par exemple aux 200.000 environ du Parti Socialiste. Cela est significatif. Mais plusieurs dangers guettent le mouvement. Parmi eux, le fait que François Bayrou est aujourd'hui la figure centrale de cette organisation (par exemple, le site "complet" du MODEM est toujours www.bayrou.fr) : or, s'il a su incarner cette volonté, partiellement générationnelle, de rénover la politique, M. Bayrou ne peut être un programme à lui tout seul ! D'ailleurs, le JDD cite cette réflexion d'un militant surpris par la date tardive du congrès fondateur (25 novembre) : "C'est tard. Finalement, rien n'a bougé depuis trois mois".
D'autre part, François Bayrou fait une bonne analyse de la vie politique française, au vu des faits constatés ces derniers temps : "En France, il y a les conservateurs et les socialistes. Il y aura désormais les démocrates." La première partie de la proposition est juste. Reste à concrétiser la deuxième, malgré les résistances et les difficultés qui ne manqueront pas de surgir. Par exemple, le MODEM propose une charte des valeurs éthiques, non-définitive. Elle comporte des articles "enfonçage de porte ouverte", certaines plus fondatrices, mais aussi certaines propositions "suspectes" : "Les adhérents du Mouvement démocrate reconnaissent pour l’action en commun la nécessité de l’organisation. Ils acceptent de s’inscrire dans la discipline et la cohérence de cette action." Qu'est-ce à dire ?
Ridicule et religion. Il ne le viendrait jamais à l'idée
d'attaquer la foi de quelqu'un. Mais les pratiques ridicules que l'on
peut trouver dans la plupart des religions me fascinent toujours (je
connais bien celles de la religion catholique pour y avoir été "formé"
!). Pour ne pas créer de confusion, je parle bien des religions en tant
que systèmes (et non dans le rapport à Dieu). Certes, je crois que tout
système, religieux ou non, porte sa part d'incohérence, mais on
pourrait naturellement penser que les actions religieuses, sous-tendues
par nature par des motifs moraux, échappent à ces écarts. Dernier exemple en date, dont j'ignorais l'existence et que j'ai appris en lisant le Monde (une fois de plus...) concernent la pratique de la "shmita" (voir aussi la définition), ou "année sabbatique pour les cultures", comme l'écrit le journaliste.
Il
semblerait que cette pratique soit calquée sur l'obligation pour les
fidèles de se reposer le 7e jour. Or, nous apprend le journal, et c'est
là, selon moi, que l'on touche au ridicule, une pratique assez
hypocrite était admise, évitant de remettre en cause la règle (car tout
le monde devait s'être aperçu qu'elle était archaïque) : il suffisait
de vendre sa terre à un acheteur complaisant l'année précédant la
jachère, et de la récupérer une fois l'année écoulée. Et hop ! Ni vu ni
connu ! A se demander si ces gens croient vraiment que Dieu est si
puissant pour se laisser berner ainsi ! Bref, il se trouve que les
ultra-orthodoxes pensent que cela n'est plus tolérable, et menacent de
retirer dans ces cas-là le certificat de kashrout
! La fin de l'article est savoureuse, puisque l'on y apprend que "le
difficile dilemme est désormais entre les mains du grand rabbin
ashkénaze Yona Metzger et du grand rabbin séfarade Shlomo Amar.". Nous
voilà rassurés.
Nous devons nous demander quelle planète nous allons laisser à nos enfants, mais aussi quels enfants nous laisserons à la planète.
Pierre Rabhi
L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.Jean Baudrillard
J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. Lautréamont
C'est pourtant simple : le "droit à l'accueil" des élèves, c'est la garderie payée avec le salaire prélevé au prof qui fait grève pour avoir les moyens de faire cours et pas garderie.
Hervé Le Tellier (Le Monde.fr)
Il est plus difficile d’admettre ce
qu’on sait, que de découvrir ce qu’on ignore.Raphaël Enthoven
Un homme qui vend du miracle afin d'être adulé n'est qu'un charlatan. Celui qui le lui achète, même s'il n'aboie pas, n'est qu'un chien. Sayd Bahodine Majrouh
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