Je lis actuellement Missionnaire, un des "carnets de Joann Sfar" (j'ai déjà dit que j'adorais Joann Sfar ?). Dans ce carnet, donc, il écrit (page 127) :
Nous sommes donc le 3 Novembre 2006 et je quitte une France en pleine campagne électorale : mes compatriotes ont peur des Arabes, des Noirs, des pauvres, des banlieues, du monde. Moi, j'ai peur qu'ils élisent Nicolas Sarkozy, l'homme du moment. [...] A titre personnel, j'ai la conviction que la gauche au pouvoir ne parviendra à résoudre aucun des problèmes du pays. Les choses resteront telles qu'elles sont. En revanche, si Nicolas Sarkozy est élu président, je lui fais confiance pour que tout se dégrade très vite. A l'image de Georges Bush qu'il admire, Sarkozy n'a pas son pareil pour exacerber les tensions et souffler sur les braises.
Allez, je ne voulais pas écrire sur ces sujets, mais je me lance. De toutes façons, ces jours-ci (effet trêve des fiseurs ?), je dépasse difficilement les 10 visites quotidiennes, donc je peux prendre des risques avec mon lectorat.
Bref, ce que j'avais à dire, c'est qu'il faut (re-)lire Camus. Albert Camus, qui a si bien décrit l'absurdité de la condition humaine. Pour Camus, la seule réponse logique à cette absurdité serait le suicide. Mais Camus refuse cette possibilité, et lui préfère la Révolte, qui est une des seules positions philosophiques cohérentes. Il est peu de dire que j'avais été marqué par l"Homme Révolté". On peut y lire notamment la célèbre phrase : " La fin justifie les moyens ? Cela est
possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensée
historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens. ".
De l'absurdité, nous en avons eu à satiété avec cette collision de deux actualités. L'assassinat de Mme Bhutto au Pakistan, et la confirmation, sous conditions, du titre de Miss France.
Pour Miss France, nommée "dans le civil" Valérie Bègue, je rappelle que Mme De Fontenay, présidente du comité Miss France (sic), avait appelé à sa démission, au motif de la publication de photos prétendument choquantes. Apprenant la présence de la Miss à la Réunion, la présidente avait lancé le très classieux "Elle n'a qu'à rester là-bas". Cette courageuse jeune femme (Miss France, pas Madame De Fontenay), a alors refusé ce trop sinistre destin. Et la mobilisation sans faille de ses soutiens a permis in fine, de sauver sa couronne. Les organisateurs ont confirmé qu'elle resterait Miss France, sous condition de ne participer à aucune élection internationale, ce que permettait pourtant son status.
Parmi les soutiens de la Miss, on compte Mgr Gilbert Aubry, qui n'est pas moins que l'évêque de La Réunion. Ce monsieur n'a pu s'empêcher de voir dans une photo de la jeune femme
dans une piscine, en position christique, une « insulte à la foi des Chrétiens ». Fichtre. Mais, cependant, il la défend car il voit
en elle « une victime qui a besoin de soutien ».
Pour Mme Bhutto, j'ai été ébranlé, comme beaucoup de démocrates, par cette nouvelle. Ce qui me laisse toujours abattu, c'est cet usage de l'attentat-suicide. Comment ne pas être abattu par un geste qui nous dépasse ? Nous sommes habitués, dans nos sociétés, à condamner les criminels. Ceux qui, basiquement, nous envoient le message que la vie de leur victime vaut moins que la leur. Ce paradigme différent du tueur qui se sacrifie nous renvoie à l'abîme que représente la négation de sa vie, dans un geste volontaire et destiné à donner un sens à quelque chose qui n'est plus, et dépasse les concepts auxquels nous sommes accoutumés.
Mme Bhutto, peu de temps après une première tentative d'attentat suicide contre sa personne (plus de 130 morts), écrivait dans une tribune ces quelques mots simples et touchants (même pour qui se méfie des tribuns) :
Je n’ai pas vécu jusqu’à mon âge pour me laisser intimider par des
kamikazes. Une bataille fait rage au Pakistan, une bataille pour les
cœurs et les esprits d’une nouvelle génération, une bataille pour
l’avenir du Pakistan en tant que nation démocratique. La nouvelle
génération choisira la modération ou l’extrémisme, elle choisira
l’éducation ou l’illettrisme, elle choisira la dictature ou la
démocratie, la tolérance ou la bigoterie. Elle choisira aussi entre la
paix et la guerre. Je suis revenue au Pakistan la semaine dernière afin
de mener ce combat pour la démocratie. Avec le sang de mes partisans
répandu dans la rue et sur nos vêtements, je réaffirme notre engagement
au service de ces valeurs. [...]
Les foules qui se sont rassemblées à l’aéroport de Karachi étaient
venues de partout, en dépit des menaces, malgré les risques encourus.
Elles sont le vrai visage du pays, le centre modéré. L’avenir du
Pakistan devrait être décidé par des élections libres et honnêtes à la
fin de cette année. Les extrémistes useront de tous les moyens
sanglants à leur disposition pour frapper et empêcher la cause de la
démocratie. Ils recourent à la violence pour restreindre la liberté
d’association et la liberté d’expression. Ils veulent faire dérailler
la transition vers la démocratie.
L’attaque dirigée contre moi était plus qu’une attaque contre un
individu. Il s’agissait d’une attaque contre toutes les forces
politiques pakistanaises qui veulent la démocratie. C’était une attaque
contre le Pakistan lui-même. Une attaque contre les droits politiques
et humains de tout citoyen et contre le processus politique. L’objectif
était d’intimider et de faire chanter tous les partis politiques de
notre société. Les extrémistes prospèrent sous la dictature. Ils savent
que la modération et la démocratie signeront leur fin. Ils ne
reculeront devant rien pour les détruire toutes les deux.
Les
assassins qui ont tué 140 personnes à Karachi ont trahi l’essence du
message de l’islam. La loi islamique est absolument claire sur un
point : s’attaquer, sans avoir été provoqué, à des civils désarmés, à
des innocents, et détruire la propriété d’autrui est prohibé. Leur
action relève de la Hiraba, elle constitue une guerre contre la
société. On peut détourner des avions, mais personne ne détournera le
message de l’islam. [...]
Contre l'absurdité de la vie, je l'ai dit, il n'y a que la Révolte.
Il est désormais établi que MM. Mitterand puis Chirac, sans remonter plus loin, ont utilisé de manière peu déontologique leurs différentes fonctions publiques. On pouvait espérer que ce soit de l'histoire ancienne, avec l'élection de M. Sarkozy, concomitante avec une apparente volonté générale de plus de transparence en politique. En ce sens, j'ai même défendu le principe de l'augmentation de M. Sarkozy, du fait qu'elle était censée permettre au président de la République d'être réellement indépendant financièrement (20.000 € net par mois, on peut penser que cela suffit à être indépendant, non ?). Et qu'est-ce que j'entends, ce matin sur France Info ? Que M. Sarkozy a, de nouveau, utilisé un avion fourni par M. Bolloré pour partir en vacances. A priori, ce dernier n'est même pas présent, ce qui exclut de surcroit la thèse du "on part en vacances ensemble et le plus riche paye l'avion" ;-). Sur les forums, je vois des réactions du type "je préfère ça plutôt que ce soit payé par l'argent du contribuable". Outre la stupide naïveté de ces propos, ces personnes semblent occulter le fait qu'il existe dans notre pays un délit de "trafic d'influence" qui semble tout à fait s'appliquer ici. Pour moi comme pour beaucoup, qui pensons que la politique peut faire sérieusement avancer le monde dans un sens plus intègre, plus juste et plus respectueux, c'est un violent camouflet que nous inflige le président.
PS : si ces informations s'avéraient partielles ou fausses, je les corrigerait bien volontiers.
Je vous parlais dans le blog-brunch de dimanche de l'album à venir de Thiéfaine et Paul Personne. Il est plus qu'à venir, puisque sa date de sortie était le 12 novembre, Lundi. Et comme je n'ai pas beaucoup d'amis, mais que j'ai de la famille, j'ai eu la chance de trouver en rentrant chez moi ce soir, après une journée harassante, un colis Amazon contenant l'album Orange. Colis envoyé par mon frère, que je ne mérite pas (j'ai toujours pensé que je ne méritais pas de l'avoir eu..). Bon, je n'ai pas encore eu le temps d'écouter la galette en question, donc il me sera impossible de vous donner un conseil fiable. De toutes façons, à part avoir réussi à faire acheter "Philosophie Magazine" à F., je crois que mes contributions n'ont pas eu d'effet boule neige. Et, du coup, je ne reçois aucune offre pour vanter des biens ou produits... Pour en revenir à nos moutons, je vais aller écouter cet album tranquillement, et comme j'ai reçu aussi ma commande de vin chilien, je devrais passez une bonne soirée.
Si je disais sur ce blog que Copé est impayable, vous ne me croiriez pas. Mais si je vous dis qu'il semble par contre achetable ? J'avais déjà narré son incroyable embauche dans un cabinet d'affaire. Le voilà maintenant qui semble confondre l'Assemblée Nationale avec un hangar de troc. Que déclare-t-il sur Canal+ ? Que l'état doit prévoir des "compensations" pour les villes qui perdront leurs tribunaux. Vous pensez qu'il s'agit d'un mauvaise usage de la langue. Non non, il confirme :
"Il faudra veiller, au cas par cas pour ceux de mes amis députés qui sont victimes de ces situations puissent voir de la part du gouvernement d'autres compensations d'équipements publics".
Et ces gens-là, ils vont aller donner des leçons à des mécaniciens de la SNCF en leur expliquant que leur rente de situation actuelle (jeu de mot involontaire) peut être remise en cause sans contestation au nom de "l'équité".
Je vous parlais également des tribulations des différents partis politiquesen vue des municipales. A Lyon, Perbe a officialisé son alliance avec "les amis de Millon" (sic). Pour mémoire, Millon avait été évincé du devant de la scène politique après avoir proner l'alliance de la droite traditionnelle avec le FN au Conseil Régional Rhône-Alpes. C'est Anne-Marie Comparini qui avait mené le combat contre ces idées... qui reviennent donc par la fenêtre dans la vie publique lyonnaise ! No comment. A Paris, Marielle de Sarnez a répondu aux vélleités de JM Cavada (voir blog-brunch de dimanche) par la fin de non recevoir suivante : "Nous devons présenter des listes indépendantes et autonomes du
Mouvement démocrate dans tous les arrondissements de Paris, sans
exception". Nous verrons ce que fera Cavada. En tout cas, les Cahiers du Football détournent avec humour la situation avec l'image ci-dessous :
Ça va être compliqué, les élections municipales au Modem.
Les cahiers du football, c'est ce mensuel "de foot et d'eau fraîche" qui sévit sur le web et dans les kiosques...(http://www.cahiersdufootball.net/).
Il se sont bien marrés, comme moi, avec la déclaration de Coupet déclarant qu'il aurait arrêté le tir de McFadden contre l'écosse (cf. toujours le blog-brunch de dimanche). Dans leur grande tradition du sondage idiot, ils ont demandé quel exploit aurait pu réaliser Coupet si ça carrière avait été plus longue. Parmi les réponses possibles :
Il aurait contrôlé le tir de Kostadinov de la poitrine
Il aurait plongé pour prendre la balle destinée à l'archiduc
François-Ferdinand, évitant le déclenchement de la Première guerre mondiale.
Il aurait qualifié l'Olympique lyonnais pour les
demi-finales de la Ligue des champions.
En entrant dans cette semaine de manifestations et de grève (reconductible ?), je rêve que le blog-brunch soit accueilli avec des slogans et des banderoles...
Le blog-brunch ! Le blog-brunch ! Si t'es fier de lire l'blog-brunch frappe dans tes mains ! Qui ne saute pas n'lit pas l'blog brunch ! brunch ! Libérez, le blog-brunch, libérez le blog-brunch !
Et même les contre-manifestations, conduites, kif suprême, par Christine Boutin :
Blog-brunch, si tu savais, tes articleeuuhs, tes articleeeeuuuhs, blog-brunch, si tu savais, tes articles où on s'les met ! Le blog-brunch, au bucher !!! Le blog-brunch au bucher !! Blog-brunch, salaud, le peuple aura ta peau !
Bon, allez, retour au rayon réalité. Quoique, j'ai quand même eu un appel affolé hier soir, d'un ami me demandant, fébrile, s'il y aurait bien un blog-brunch aujourd'hui ;-) (spéciale dédicace à Pierre).
Respect de l'environnement : la route est droite, mais la pente est rude. On n'a plus l'occasion de parler de Raffarin, mais il nous reste ses aphorismes. Mais là n'est pas le sujet. Hier, après 6 mois dans mon appartement, je me suis décidé à le mettre enfin un minimum en conformité avec mes convictions
environnementales (il faut dire que les propriétaires précédants travaillaient chez EDF, et n'avaient sans doute pas ressenti l'irrépréssible besoin de diminuer leur consommation...).
Je suis donc allé acheter une quinzaine de lampe basse-consommation (ce qui veut quand même dire sortir 120 €. A quand une exonération de TVA ?...). Il est certain que la seule logique économique, et sous réserve de pouvoir dégager facilement l'investissement que cela représente, rend ce choix logique (économies sur facture EDF, plus durée de vie supérieure).
Toutefois, qu'elle n'a pas été ma surprise en constatant que toutes ces belles ampoules bien propres étaient emballés dans...des blisters en plastique non recyclables ! Et ce, quelle que soit la marque (philips, osram, ou d'autres....). Bref, cela montre une fois de plus que le business, en tant que tel, n'est que rarement capable de proposer des solutions acceptables sur le plan environnemental.
J'ai failli tourner le dos et repartir sans mes ampoules, et puis bon, je me suis dis que ce n'était pas la solution. Mais, en descendant la poubelle pleine de plastoc, tenant mon fils de l'autre main, j'ai quand même ressenti, disons-le, une certaine absurdité dans la situation.
Pas de politique dans le BB de ce dimanche. Non, je n'ai pas envie. Et puis j'en ai déjà parlé dans mes deux derniers billets (qui m'ont d'ailleurs valu une affluence considérable). A ce propos, le nombre d'étrangers
emprisonnés hors de nos frontières est de l'ordre de 1700 personnes, ce que je ne mentionnais pas dans mon post-scriptum, n'ayant pas le chiffre à l'époque. Bonjour le bilan carbone avec un voyage pour 10 libérations. Avantage : ça fera du boulot à notre Présipereur, et, si on échange nos étrangers contre nos compatriote, ça libèrera 10000 places de prison en France.
Mais j'ai dis que je ne parlais pas de politique. Sinon, je vais dire du mal de Jean-Marie Cavada, qui annonce qu'il réfléchit à la proposition de l'UMP de prendre la tête d'une liste dans le 12e. Je cite JMC : "Je réfléchis à cette proposition. (...) Si j'y vais, ce sera en tant que candidat d'ouverture MoDem pour l'UMP". Il faudrait même ne pas trop me pousser pour que je dise du mal de Corinne Lepage, qui préside Cap21 et voit bien son parti, selon l'AFP, "garder une existence politique "autonome" ".
Bref, je ne parlerai pas de politique aujourd'hui. Ça m'embêterait de passer pour un aigri.
Naissance d'une controverse. Amis sérieux, passez votre chemin. Car la controverse dont il est question n'est que footballistique. Alors que Grégory Coupet, le gardien de l'OL, s'apprête à faire son retour suite à une vilaine blessure, le journal l'Equipe, jamais avare de polémiques, semble en créer une
avec son remplaçant en équipe de France, le gardien du PSG Mickaël Landreau. Après avoir lu sur le Web que le journal sportif relayait dans la semaine les propos de G. Coupet signifiant qu'il n'aurait pas encaissé lui-même le but de 30 mètres contre l'Ecosse (!), je lis ce matin avec étonnement la note de Landreau dans l'équipe suite au match nul du PSG contre Nancy (2e de ligue 1, quand même): 4/10. Oui, vous avez bien lu. Il est assez rare de voir un gardien noté à moins de 5 lorsqu'il n'a pas pris de but. Que peut-on lui reprocher ? De ne pas avoir marqué ? Bref, même si l'on sait que le système de notation individuel est au mieux une absurdité, je vous fiche mon billet que cela annonce d'autres prises de position et gros titres à venir : "Landreau au fond du trou", "Coupet veut reprendre son bien", "Landreau ne se voit pas comme un intérimaire". Le pire, c'est qu'ils sont même capables de faire un sondage : Domenech peut-il aligner Landreau et Coupet ensemble ?
Dans le style sondage idiot(pléonasme ?), Ifop et le JDD ont demandé aux "français" (c'est à dire 958 personnes selon la méthode des quotas), s'ils seraient favorables, "en cas d'éclatement de la Belgique" (sic), "au rattachement de "la Wallonie, c'est à dire des provinces francophones, à la France" (ce qui au passage, laisse le flou sur la région de Bruxelles...).
Comme toujours, nous serions bien en mal de savoir à quoi sert un tel sondage, mais ça permet au journal de faire la Nalyse de la situation (on n'est plus dans le domaine du blog-brunch, mais du café du commerce), et de proposer la réaction d'Eric Libert, secrétaire général du Front des francophones (!), qui affirme ainsi "qu'il n'y a pas d'équation entre la sécession de la Flandre et le rattachement de la Wallonie à la France". Dont acte. Mais il ne semble pas étonné par la façon qu'à l'hebdomadaire de ramener à une question aussi simplette un problème aussi complexe que celui de la nature de l'état Belge.
Ah oui, au fait, 54% des français se sont déclarés favorables à ce rattachement. Sans doute alléchés par les prometteurs derbies Sedan-Anderlecht en Ligue 2 de football.
Hubert-Félix, tu es grand. Je ne suis pas vraiment du style groupie, mais j'avoue une certaine
admiration pour ce qu'est capable de faire Hubert-Félix Thiéfaine. Ses albums sont (presque)
tous bons, et même ses "lives" renouvellent avantageusement son répertoire.
Son dernier live, le Scandale Mélancolique Tour, fait suite à l'album du même nom. J'étais complètement passé à côté de cet album Live, pourtant sorti dès mars 2007. Le bon côté, c'est que j'ai eu le plaisir de le découvrir quasi-spontanément, ce qui comblera l'attente (pas trop fébrile, je vous rassure) de son album avec Paul Personne.
J'ai personnellement un faible pour la chanson Gynécées, qui gagne à être chantée sans l'auteur de la musique, Cali (mais j'aimais bien aussi avec le chevelu perpignanais, hein). L'étranger dans la glace est également au plus haut dans mon classement personnel des chansons d'HFT.
Mais l'extrait musical que je vous propose, il est tirée du nouveau site de l'émission Taratata (www.mytaratata.com) :il s'agit de Confessions d'un never been, qui a - entre autres - recueilli les faveurs de Gus pour la qualité de ses arrangements sur le "Scandale mélancolique tour".
Au passage, je trouve dommage que ce nouveau site ait pris le parti de tronquer les extraits vidéo. Bon, pour la plupart, je pense que l'on peut les retrouver ailleurs mais sans ce parti pris, le site aurait été incontournable.
Allez, je vous laisse chiner (ne ratez pas Zazie et HFT quand même !, ou encore Babooshka).
Pour conclure l'intermède musical, toujours trouvé sur ce site, je vous livre une curiosité de 1994 : Vas-y-guitare, joué par Goldman, Jones, et Bertignac himself !
PS : un dernier clin d'oeil à Gus : tu cherches France Gall + Jealous Guy, et demain, tu te rases...
Le Nouveau Centre, ce parti qui s'est déjà couvert de ridicule en quelques mois d'existence, récidive.
Pour le ridicule "gentil", il y avait la présentation aux législatives des membres de la famille Morin et de son... chauffeur. Pour le ridicule-ridicule, il y avait les erreurs d'enregistrement des candidats aux législatives ,qui ont conduit le Nouveau Centre à ne pas franchir la barre de 50 candidats ayant obtenu plus de 1%, barre nécessaire pour bénéficier d'un financement public. Dans le genre ridicule textuel permanent, il y a le fait de s'appeler "Centre" et de se revendiquer à droite (mais DSK se revendique bien socialiste...).
Il y a maintenant le ridicule malhonnête, qui consiste à demander a posteriori une révision de la loi sur le financement des partis, afin d'assurer aux partis possédant plus de 15 députés un financement. Ah, j'oubliais, le Nouveau Centre compte...21 députés. Le montant que ce parti compte ainsi récupérer s'élève à 1,8 millions d'Euro, ce qui n'est tout de même pas une paille... Et sa démarche est soutenue par le gouvernement - et donc par l'UMP. "Vous êtes en train de donner de l'argent à des députés pour les récompenser d'avoir lâché leur leader. En trente ans, je n'ai jamais vu une magouille aussi minable.", accuse M. Emmanuelli, qui pourtant a du en voir des choses en 30 ans (ah, on me rappelle dans mon oreillette qu'il a été condamné,pour complicité de trafic d'influences, à dix-huit
mois de prison avec sursis et à deux ans de privation de ses droits
civiques).
Devant le tollé, les députés n'ont pas pu voter ce texte, dont l'examen a ainsi a été reporté. Mais il va finir pas passer, probablement. Et, pour beaucoup de citoyens, augmenter encore un peu le dégoût que provoquent les magouilles politique à répétition, quelles qu'elles soient, et d'où qu'elles viennent.
La croissance reprend. Celle du nombre de détenus, en tous cas. Le Monde daté de Samedi consacre un long article à l'application de la loi du 10 Août, celle qui fixe des peines planchers. Au-delà des exemples frappants (2 ans de prison pour le vol d'un porte-monnaie contenant 10 euros par exemple), le journal rappelle quelques éléments de la loi. Comme beaucoup, je pense avoir retenu la règle pour le cas d'une récidive, à savoir qu'une décision inférieure à la peine plancher doit être « spécialement motivée » et invoquer « les circonstances de l’infraction, la personnalité de l’auteur ou des garanties d’insertion ou de réinsertion », ce qui est un premier frein objectif au choix par le juge de la peine la plus adaptée. Mais en cas de deuxième récidive, ce que j'avais pour ma part oublié, le juge, s'il veut « prononcer une peine autre que l’emprisonnement » n'a qu'une seule possibilité : ils doit rédiger une décision « spécialement motivée » invoquant les garanties « exceptionnelles » d’insertion ou de réinsertion du délinquant. Un premier bilan de la loi a été fait en Septembre, et indique que déjà 60% des cas se sont traduits par l'application stricte de la loi anti-récidive (sur 118 cas jugés).
Je ne suis pas, c'est clair, partisan de la loi anti-récidive. Mais, au moins, si l'on décide d'emprisonner plus, faisons le dans des conditions décentes. Or, et alors même que la loi pourrait augmenter de 10000 le nombre de détenus en 5 ans, la surpopulation carcérale est déjà importante, puisque le taux d'occupation des prisons est déjà de 120% ! Et je n'ai pas trop entendu l'Etat communiquer sur sa volonté de résoudre ce problème...
Le Monde, qui n'a pas l'habitude de prendre autant parti dans ses pages, illustre son article par un dessin de Vincent Sardon représentant un juge, les yeux bandés, écrasant avec son marteau de petits personnages représentant les justiciables. Et dans l'éditorial, on peut lire cette phrase que je reprends volontiers à mon compte :
Vouloir rassurer l’opinion est une chose. Mais à quel prix et pour quel résultat ? Une justice automatique est une justice aveugle. Et une justice aveugle conduit, inévitablement, au déni de justice.
Ca, c'est fait...Parce que la France sera toujours la France, en Rugby du moins, l'aventure mondiale s'est donc achevée hier pour les Bleus (si l'on ne tient pas compte du match pour la 3ème place). Pas grand chose à dire si ce n'est que les regrets seront grands. Tout d'abord, pour toutes les occasions laissées en route, et pour le manque d'ambition apparent dans les choix offensifs (mais j'étais dans mon fauteuil, pas sur le terrain, hein...). Mais aussi pour le "cadeau" de la deuxième minute. D'habitude, les coups du sorts arrivent plutôt en fin de match, là, c'était sur la première action... Bref, la frustration vient surtout d'être privé de finale et de toute la bonne ambiance qui l'aurait accompagnée. Maintenant, bravo aux Anglais et encouragements aux Argentins pour leur match de ce soir.
ADN et immigration, suite. Après les différentes réactions et mobilisations, la prochaine étape pour cet élément du projet de loi, qui comporte d'autres dispositions étranges d'ailleurs, sera la commission paritaire du parlement, mardi prochain. On verra ce qu'il en adviendra. Puis ce qu'en dira le Conseil Constitutionnel. En attendant, force est de constater que cela servira de test pour savoir jusqu'où on peut (ne pas) aller en France sur ce type de sujet.
Bien sûr, on me rétorque souvent que la majorité des français est en phase avec cet amendement. C'est vrai, si l'on en croit cet article du Nouvel Observateur. Bien sûr, c'est un sondage OpinionWay, dont la crédibilité a souvent été contestée, mais n'ergotons pas. La tendance est sans doute juste. Toutefois, on note que si les 3/4 des Français semblent approuver le projet de loi, alors que 56% seulement approuvent l'amendement. D'autre part, une lecture de ce sondage révèle l'incongruité de certains arguments de députés UMP, laissant entendre que ces tests ADN permettront de faciliter les démarches des immigrés (!). En effet, la question qui est posée porte sur l'utilité pour réduire la fraude... Et cela, il sera toujours impossible de l'établir statistiquement (quelle base de comparaison utiliser en effet ?).
Je reste donc opposé à cet amendement, et je remercie les sénateurs et députés qui ont eu le courage de voter contre (ou au moins de s'abstenir), en particulier ceux de l'UMP qui ont sans doute résisté à pas mal de pressions formelles et informelles. Et je ne remercie pas ceux qui ont voté pour alors qu'ils n'avaient pas de raisons autre que personnelle de le faire (UDF-MODEM notamment). Enfin, certains me diront que les votes ont permis de rendre moins choquant cet amendement. Comme j'ai eu l'occasion de l'écrire déjà, cela est encore pire, car cela prouve que cet amendement est avant tout symbolique, et pas opérationnel. Faire des symboles en utilisant des Hommes, c'est quelque chose qui ne peut que choquer les humanistes.
De l'intérêt de posséder un journal. Arnaud Lagardère intervient aujourd'hui pour se défendre contre les accusations de délit d'initié qui pèse sur lui. Il le fait dans... le Journal du Dimanche (JDD), qui appartient à... Arnaud Lagardère ! La boucle est bouclée. Le journal a au moins le mérite d'afficher clairement le fait que l'interviewé est aussi le propriétaire du journal... Mais combien de personnes pourraient, dans ce cas, bénéficier d'une telle tribune ? De fait, et bien que n'étant pas un fan du boycottage, je n'ai pas acheté ce journal ce matin. Et un point de plus pour les contempteurs des médias sous influence.
Grosses bises à mes lectrices chéries,
PS : on dit parfois que les journalistes déforment les propos. J'ai été succinctement interrogé par un journaliste de Lyon Capitale, qui reproduit assez fidèlement mes propos sur Génération Démocrate : "“La démocratie interne doit être une priorité, sinon le Modem ne pourra
pas s'installer durablement dans le paysage politique” poursuit un
autre, Luc Ragon."
PS 2 (rajout du soir) : Il y aura donc une liste Modem indépendante à Lyon. Cf. l'interview de F. Bayrou dans le progrès de Lyon. Un succès donc pour l'initiative Génération Démocrate, mais surtout une bonne nouvelle pour les sympathisants de cette ville !
J'ai plein de billets en attente, mais mon actualité du moment, c'est plutôt Génération Démocrate, ce mouvement citoyen que nous avons lancé pour promouvoir un mouvement démocrate ambitieux, régénéré, et ouvert. Nous avons à la fois des retours presse, ce qui est toujours sympa (mais peut se révéler superficiel...), mais surtout un nombre impressionnant de personnes qui rejoignent la démarche ! Y compris dans des villes comme Paris. On ne vas pas s'enflammer, tout peut retomber très vite. En tout cas, n'hésitez pas à venir soutenir la démarche si vous êtes sensibles à la construction d'un vrai parti moderne et démocrate. C'est sur www.generation-democrate.org
Ci-dessous, extrait d'un article paru sur le site web de Marianne, par Sylvain Lapoix :
Michel Mercier tiraillé entre accord électoral et propositions élyséennes
Tout a commencé sur le bord de la route où se sont retrouvés Nicolas
Sarkozy et Michel Mercier, président UDF du Conseil général du Rhône,
dans l'attente de la délégation polonaise venue rendre hommages aux
victimes de l'accident de car du 22 juillet. Nos confrères du Parisien / Aujourd'hui en France
rapportent qu'à l'issue de la conversation, le président de la
République aurait proposé au centriste de rejoindre le gouvernement.
L'omniprésent conseiller de l'Elysée Henri Guaino aurait pris le
relais, bombardant le trésorier du Modem de coups de téléphone depuis
près de trois mois pour le convaincre. Offre déclinée… pour le moment !
Car l'échéance des municipales se
rapproche, et l'éventualité d'un accord avec la liste UMP de Lyon pour
le scrutin a fait son chemin. Dans une interview donnée au Parisien / Aujourd'hui en France du 7 octobre, Michel Mercier assurait que « Bayrou [était] prêt à discuter avec Nicolas Sarkozy » et que « le rassemblement de tous les centristes » devait aboutir avant la fin de l'année. « Regardez comme il va à la soupe au Nouveau centre », s'indigne un responsable du Modem.
A Lyon, la rumeur d'un troc « alliance aux municipales contre
ralliement à l'équipe de Sarkozy » court tant et si bien que des
militants du Modem lyonnais ont créé un collectif : Génération démocrate.
Leur idée centrale : imposer des primaires pour les investitures aux
municipales et éviter les accords avec la majorité présidentielle.
Parti de la capitale alpine, ce réseau s'est progressivement étendu sur
le web et dans la France entière, gagnant récemment l'Île-de-France, et
notamment Paris. A force de se revendiquer « parti de militants » tout en jouant sur deux tableaux, les cadres du Modem pourraient bien réveiller la fronde des mécontents !
EADS, les masques tombent. J'ai malheureusement oublié de parler d'EADS ce matin. Cette histoire est un véritable scandale industriel, voire politique, l'avenir nous le dira peut-être. En tout cas, il est heureux que l'AMF ait rendu publiques ses conclusions sur un délit d'initié probable. Il faut dire que, pour le rater, celui-là, il fallait être aveugle. Espérons maintenant que la justice pourra avancer, et que les responsabilités, et les éventuelles culpabilités pourront être clairement établies. Si l'on voit plus loin, il est évident que le problème de la détention d'actions ou de stocks-options par les dirigeants d'entreprises ou par les salariés doit être encadrée par des règles de transparence et de morale (je n'ai pas peur des mots, comme dirait l'autre). A titre personnel, je pense que l'actionnariat salarié est une excellente chose, et devrait être un des combats prioritaire des progressistes et des syndicats. Pour en revenir à EADS, qu'on ne me parle pas de hasard ou d'initiatives individuelles, il est improbable que ces ventes aient été faites sans informations non-publiques. Car, sinon, comment expliquer que la chute du titre n'ait pas été plus immédiate ? Maintenant, le balais des avocats va se mettre en place, et l'affaire risque d'être en sommeil médiatique pendant plusieurs mois. Nous verrons, à moins que les enquêtes ne concluent à un non-lieu, si l'on peut s'enrichir en France au mépris de toute déontologie (rappelons que la déontologie, basiquement le respect des règles ou devoirs, s'oppose en philosophie au "conséquentialisme", c'est à dire "la fin justife les moyens", toujours en simplifiant, hein).
Génération Démocrate, dernières nouvelles. Je viens de voir que plus de 60 personnes avaient rejoint l'initiative, dont Gilles Vesco (qui a piloté entre autre à Lyon la mise en place du fameux Vélo'V). Pour une initiative rendue publique Jeudi, c'est une première victoire. Qui doit se concrétiser dans les jours à venir et démontrer que chaque citoyen peut être acteur du changement. On pourrait imaginer que M. Azouz Begag, candidat à la candidature lui aussi, et qui dit dans Lyon Mag d'Octobre qu'il "ne voit pas comment on pourrait définir qui a le droit de voter pour choisir la tête de liste", prenne contact avec nous pour que nous lui fassions des propositions techniques en ce sens : nous y avons évidement déjà réfléchi. Pour lui ou pour les autres citoyens intéressés par cette démarche, je rappelle l'adresse du site : www.generation-democrate.org
J'encourage en particulier ceux qui hésitent encore à afficher leur soutien à cette action pour des raisons personnelles ou professionnelles. Ainsi, on note que des gens qui étaient seulement sympathisant ont franchi le pas de l'implication personnelle grâce à notre initiative, ce qui prouve que du mouvement et des idées collectives peut naître l'action individuelle.
L'initiative Génération Démocrate" (www.generation-democrate.org) est lancée à
Lyon, par des individus indépendants mais impliqués, à divers degrés, dans la vie
politique lyonnaise. Cette action s'intègre de manière réfléchie et sincère
dans la mise en place du Mouvement Démocrate (souvent appelé MODEM), lancé par
François Bayrou sur les bases non seulement du "centre" traditionnel, mais aussi
et surtout du mouvement populaire massif qui était né autour d'idées réformatrices et
humanistes portées par Mr Bayrou à l'élection présidentielle.
Je fais partie,
parmi une petite trentaine de démocrates lyonnais, des signataires initiaux de la lettre ouverte qui marque la naissance effective de ce rassemblement de démocrates. Ceux qui me connaissent
savent que j'ai toujours eu une méfiance certaine envers les groupes et les
systèmes de grande taille. M'engager aujourd'hui dans une aventure qui vise à se pérenniser dans
un mouvement tel que le Mouvement Démocrate me coûte. Cet effort, je l'assume
et je le fais car je le crois nécessaire d'une manière générale, et je le crois
important pour moi.
Pour ma part, je suis adhérent depuis plusieurs d'années à
Participation Citoyenne. Plutôt suiveur au départ, j'ai développé des
convictions de plus en plus solides, que ce soit au niveau de valeurs
fondamentales (humanisme et respect environnemental en particulier) ou d'idées
politiques fortes (réduction de la dette, augmentation de la démocratie
participative, non-cumul et non-renouvellement des mandats, simplification
administrative…).
Auparavant, j'avais déjà compris que la bipolarisation politique française
n'a aucun sens, notamment parce qu'elle aujourd'hui basée sur des
présupposés que j'estime archaïques. Par exemple, combien d'électeurs du Parti
Socialiste sont-ils réellement favorable à une économie socialiste ?
A ces réflexions qui étaient déjà assez avancées chez moi,
je dois dire, pour être honnête - et malgré un attrait pour François Bayrou fort
limité au démarrage de la campagne présidentielle - que celui-ci et son équipe
ont su m'ouvrir les yeux sur des sujets que j'estime désormais fondamentaux :
rôle des médias, indépendance des pouvoirs politiques, pragmatisme et courage politique.
Aujourd'hui, je suis convaincu que le Mouvement Démocrate,
malgré toutes ses contradictions et tous les flous qui existent encore, peut
être le vecteur d'idées progressistes à même de révolutionner en profondeur la
démocratie française. Et je pense que ce parti en devenir (rappelons qu'il n'en
est pas un aujourd'hui) peut devenir une force indépendante de progrès et de
démocratie.
Cette dynamique, elle existe déjà, et Génération Démocrate veutla porter et l'accélérer sur Lyon et sur la France.
Nous devons nous demander quelle planète nous allons laisser à nos enfants, mais aussi quels enfants nous laisserons à la planète.
Pierre Rabhi
L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.Jean Baudrillard
J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. Lautréamont
C'est pourtant simple : le "droit à l'accueil" des élèves, c'est la garderie payée avec le salaire prélevé au prof qui fait grève pour avoir les moyens de faire cours et pas garderie.
Hervé Le Tellier (Le Monde.fr)
Il est plus difficile d’admettre ce
qu’on sait, que de découvrir ce qu’on ignore.Raphaël Enthoven
Un homme qui vend du miracle afin d'être adulé n'est qu'un charlatan. Celui qui le lui achète, même s'il n'aboie pas, n'est qu'un chien. Sayd Bahodine Majrouh
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