Rassurez-vous, bon peuple de France, il ne s'agit pas là de soldats français victimes d'une embuscade, mais "seulement" de l'estimation basse du nombre de victimes civiles des bombardements de l'OTAN ou des forces américaines (source : Human Rights Watch). Et encore ce chiffre ne vaut que pour 2007.
Mais, bien entendu, on n'en parle pas beaucoup dans nos contrées.
Et pourtant, nous, citoyens français, nous avons notre responsabilité dans ce qui se passe là-bas. Une responsabilité indirecte, bien indolore, passée quasi inaperçue pour beaucoup. Qui a eu l'impression, à un moment ou un autre, de voter pour ou contre la guerre en Afghanistan ? Bien sûr, c'était dans les programmes, diront certains. Et encore, le programme de notre chef des armées fraîchement élu ne mentionne pas le terme "Afghanistan", et ne parle qu'en toute fin du paragraphe 15, "Fiers d'être français" (sic), des conflits mondiaux. Bref, cette décision d'électeur et de citoyen a-t-elle été vécue par nous comme un enjeu à part entière, ou tout au moins comme un critère prioritaire de choix ?
Il faut attendre la mort de soldats français pour que les consciences s'éveillent, que les journaux (et les blogs) en parlent plus en détail. Et pourtant, sans cynisme aucun et avec le plus grand respect pour ces hommes morts au combat, qu'y a-t-il de plus logique que de voir des militaires mourir à la guerre ? Une guerre où il n'y aurait pas de morts dans les armées serait-elle "prise au sérieux" ? Une expédition militaire qui serait sans danger serait-elle différente d'une fiction hollywoodienne ?
Comment avons-nous pu oublier que, en prenant la décision d'envoyer des troupes dans un pays lointan, des jeunes gens allaient "revenir" entre des planches de bois ? Comment avons-nous pu faire abstraction des populations civiles qui ne manqueraient pas de pâtir de nos interventions ?
Pour ma part, je suis profondément rétif à toute utilisation de la force militaire. Ma vision de l'histoire et de l'Homme m'ont plutôt convaincu qu'il y a peu de guerre "utiles", et encore moins quand il s'agit de guerres "offensives". Même la situation insoutenable des victimes de la guerre de 39-45, et notamment celles des victimes de la Shoah, ne me semble pas avoir été déterminantes dans le déclenchement des offensives déterminantes des alliés (ce qui ne veut pas dire que le résultat n'ait pas été un bienfait au regard de ce que représentait le nazisme). Mais je ne suis pas historien...
Paris ne s'est pas fait en un jour, et l'équilibre géopolitique mondial ne supporterait sans doute pas un désarmement trop soudain (il faut être réaliste), mais je suis depuis longtemps persuadé qu'une bonne décision pour la France serait d'adopter, sur le long terme, un plan de démilitarisation progressive, y compris (et peut-être surtout) à court terme par la mise en commun des moyens de défense au niveau européen. J'espère voir bientôt un mouvement politique ou populaire porter ce message et cette ambition.
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