Rédigé à 08:37 | Lien permanent | Commentaires (0)
Mercredi 19 octobre à 20h, ce sera la huitiéme République des blogs de Lyon.
Cette fois, ce sera au Cooking Jack (52, rue de l'Unversité).
J'espère y être cette fois-ci, c'est un évènement toujours sympa !
Plus d'informations sur le blog de l'organisateur, Romain Blachier
Rédigé à 08:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
Objectif du mois d'Octobre : relancer le blog !
Pour l'instant, j'ai déjà procédé aux paramétrages techniques qui permettront d''utiliser plus facilement - et uniquement - l'adresse www.eldesdichado.com
"Petit à petit, l'oiseau fait son nid", alors à bientôt ici-même !
Rédigé à 08:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je profite de ce week-end prolongé pour rattrapper mon retard de lecture.
J'ai notamment commencé la lecture de Philosophie magazine du moi de mai, consacré - entre autres - au nucléaire, et l'édiorial d'Alexandre Lacroix, le fantasque Directeur de la rédaction, m'a déjà plongé dans des abîmes de perplexité.
Il aborde la question à la fois fondamentale, et d'apparence futile, du mode de signalisation des emplacements de stockage des déchets radioactifs.
Il rappelle fort à propos que nous ne sommes pas capables de certifier que, dans plusieurs milliers d'années, les individus présents sur terre seront capables de lire notre langage actuel. Comment alors s'assurer que des déchets hautement toxiques ne seront pas déterrés par erreur ?
Il finit ainsi sa chronique :
Avec un peu de chance, les singes verts et les ambassadeurs d'Alpha du Centaure qui nous feront l'amabilité d'une visite seront encouragés par ces inscriptions à creuser le sol. Et c'est là qu'ils découvriront, à leur dépens, de quel bois l'humanité se chauffait : ce serait, en somme, la dernière facétie de la plus nihiliste des espèces répertoriées !
Rédigé à 22:26 dans Actualité, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
...mais, pour l'instant, j'hésite encore.
En effet, si je considère que le texte (Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent) est globalement bienvenu et qu'il soulève des problèmes non seulement réels, mais importants, primordiaux, incontournables, je suis chagriné par une partie de ce court texte.
Plus précisément, le passage qui me gène est :
Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d'une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes.
Je ne souscris pas à ce constat, ou, pour le moins, il me paraît simpliste et par trop généralisant. En effet, il laisse entendre une sorte de coalition des hommes pour empêcher les femmes de s'épanouir, de se libérer d'une domination encore trop réelle.
Cela est malheureusement trop simpliste, parce que je crois au contraire que la majorité (ou presque) des hommes, en France pour le moins, ne nourissent aucun sentiment de supériorité, et encore moins de volonté de domination sur les femmes. Ils sont, nous sommes, au contraire convaincus de l'importance d'une égalité de droits réelle entre hommes et femmes, non seulement par simple volonté de justice, mais aussi parce que c'est une condition sine qua non pour le développement de notre société.
Même si on lit la phrase en considérant que "les hommes" s'appliquent aux auteurs des actes - intolérables - cités, je pense que l'on fait fausse route. Je suis persuadé que la plupart de ces actes individuels sont, non pas provoqués, mais rendus possibles par une trop grande désinvolture adoptée par l'état et certains de ses responsables ou citoyens vis-à-vis de la cause féminine et de la violence faite au femme en général, ce que dénonce par ailleurs la pétition. Les associer à une prétendue volontée de domination "des hommes sur le corps des femmes" est un raccourci dommageable à mes yeux.
Je sais qu'il n'est pas facile de rédiger un pareil texte, mais sur un sujet aussi important, il aurait été bienvenu de faire preuve de plus de discernement et de clarté.
Alors je signerai peut-être demain, peut-être pas, et de toutes façons cela ne changera pas grand chose. En souhaitant, au-delà des mots, que l'égalité hommes-femmes connaisse enfin des progrès significatifs, et que les violences faites aux femmes régressent enfin ici et ailleurs.
PS : je vous invite évidemment à vous faire votre propre opinion, en consultant par exemple le sit de l'association Osez le féminisme
Rédigé à 20:47 | Lien permanent | Commentaires (2)
Enfin ! Après plusieurs année d'attente, le LOU Rugby vient officiellement d'accéder au TOP 14. Une équipe de plus en Rouge et Noir, souhaitons leur de marcher rapidement sur les pas de Toulouse et Toulon !
Promesse de beaux matches à Lyon, d'un peu moins d'omniprésence du football, et relais bienvenue d'une équipe de Bourgoin qui quitte de son côté le TOP 14, cette accession fait plaisir.
Attendons de voir le recrutement, le calendrier et le tarif des abonnements pour s'enflammer définitivement !
En attendant :
L'article en direct du stade du supporter du LOU (entre autres !), Romain Blachier
Rédigé à 17:38 | Lien permanent | Commentaires (0)
Dans un billet du 16 mai, je dénonçais le tabou de la baisse des pensions de retraites, qui me paraissait pourtant une solution juste, et dans tous les cas à envisager.
Mon ami Eric Lafond, élu MODEM à Lyon, livre sur son blog une analyse qui va dans ce sens, en insistant sur cette fameuse "solidarité intergénérationnelle", et sur le sens politique de vouloir maintenir à tout prix le montant des pensions pour les retraités actuels. A lire sur son blog : www.eric-lafond.eu
Rédigé à 08:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
Ce n'est déjà plus tout récent, mais l'interview accordée par notre ministre de l'Intérieur actuel, Brice Hortefeux, au Monde, valait son pesant de cacahouètes.
Parmi plusieurs imprécisions (mensonges ?) et énormités, se trouve particulièrement celle dénonçant les désormais fameux milliardaires de gauche, ou plus précisément "la gauche milliardaire".
Même si la gauche comptait dans ses rangs plusieurs milliardaires politiquement actifs, pourquoi pas, l'attaque serait déjà d'une bassesse notable. Mais, il se trouve de surcroît que cette attaque semble bien basée sur bien peu de réalité.
J'ai fait une (courte) recherche sur les fortunes françaises, et il apparaît assez rapidement que peu de milliardaires apparaissent comme des gens de gauche. Comme tout le monde, j'ai pensé à Pierre Bergé, mais l'estimation de sa fortune ne dépasse guère les 100 millions d'euros. Et "la gauche millionnaire", ça fait tout de suite moins percutant !
Au contraire, on compte, outre des amis proche du président (MM. Bouygues et Bolloré par exemple), ou des soutiens désormais connus (Mme Bettencourt), des personnalités telles que M. Dassault, qui n'est rien moins que Sénateur UMP.
En réalité, M. Hortefeux utilise une des habiletés réthoriques consistant à "accuser" un adversaire des ses propres turpitudes. Ce qui est doublement surprenant. Premièrement, en quoi, dans la "pensée" de M. Hortefeux est-ce mal d'être milliardaire ? Deuxièmement, comment peut-il espérer que l'argument porte, à moins de "salir" aussi tous ceux qui possèdent de l'argent en France ?
Cela apparaît une fois de plus comme une tentative desespérée de dresser les gens les uns contre les autres, dans une réthorique de café du commerce, au mépris de toute réalité concrète, et de toute justification de ses propos.
Rédigé à 11:22 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
C'était il y a déjà quelque jours, mais je n'avais pas pris le temps de l'aborder dans ce blog à l'activité trop cyclique.
Henri Guaino, dans les Echos, a dénoncé, en réponse à la mise en cause récente de plusieurs ministres, "une grande vague de populisme et de démagogie qui mène la République sur un chemin extrêmement dangereux". Bon, défense classique. Comme Anelka n'avait pas encore pété un câble, et qu'il y a encore un embargo sur les Juifs, il faut bien trouver un bouc émissaire. Pas bien loin, ni bien original : les journalistes. Ou plus exactement la "manipulation détestable des affaires et des rumeurs, notamment de
la part de certains organes de presse."
On pourrait en faire une page entière, en mentionnant par exemple son prix busiris, mais je me contenterai simplement rappeler que Guaino avait parlé, à propos du Canard Enchaîné, "de transparence totalitaire, mesquine".
Le journal venait en effet de révéler son salaire annuel, près de 300.000 €. Il les mérite sans doute, mais ne peut-on pas se demander si, en tant que fonctionnaire payé par de l'argent public, il ne devrait pas être un peu plus mesuré dans ses interventions, un peu plus discret dans les journaux, et pour tout dire plus respectueux des citoyens français ? Quand quelqu'un qui n'a jamais été élu - mais qui bénéficie d'une telle influence - considère que la transparence, c'est la démagogie, que l'aspiration à l'égalité, c'est du populisme, il devient difficile de respecter le pouvoir qu'il représente.
Rédigé à 22:24 dans Citoyenneté, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
Comme on pouvait s'y attendre, l'équipe de France a quitté
la Coupe du Monde, sans malheureusement permettre aux Bafanas-Bafanas de se
qualifier.
Les français qui n'aiment pas le football auront sans doute
pleins de commentaires à faire, mais je ne vois pourquoi y accorder un intérêt
autre que sociologique. Pour les autres, dont je fais partie, qui prennent du
plaisir aux confrontations sportives que nous offre tous les quatre ans la
Coupe du Monde, ils regretteront sans doute de ne pas pouvoir se sentir un peu
plus directement impliqués dans cette compétition si populaire. Les souvenirs
de 82, 86, 98, 2000 ou encore 2006 sont encore - bien que futiles - présents
dans beaucoup de mémoires.
Sébastien Chabal, sur son blog, a bien décrit l'importance
particulière du maillot national, indépendamment de toute pensée
"nationaliste". Je n'y reviendrai pas.
Par contre, cette élimination de l'équipe de France, si je
ne m'en réjouis pas, est par certains côtés, réconfortantes.
J'ai toujours été passionné par les sports collectifs,
football et rugby en particulier pour avoir eu la chance de les pratiquer un
peu plus sérieusement que les autres. Je pratique encore régulièrement, quand
mes muscles devenus fragiles me laissent en paix, le football. Et je porte un
intérêt certain (quoique raisonnable) aux principales compétitions de ce sport.
Que l’on puisse arriver dans une compétition aussi sélective et prestigieuse que la Coupe du Monde comme l’ont fait les bleus, et ensuite bien y figurer, aurait porté un discrédit fort au football : pas de constance tactique, un esprit de groupe défaillant, une empathie plus que discutable vis-à-vis des journalistes et des supporters, une paranoïa permanente… heureusement que cela se paye sur le terrain !
La passion pour le football (et cela est vrai pour d’autres
sports) est une forme de croyance : croyance en la supériorité du
collectif sur l’individu, croyance dans la portée humaniste du sport collectif,
croyance dans le pouvoir éducatif – direct et indirect – de la pratique
sportive. La victoire de l’équipe de France, et je déplore cet état de fait,
aurait été une démonstration par l’absurde que ces croyances ne sont guère plus
que des superstitions.
Rédigé à 09:00 | Lien permanent | Commentaires (1)
Grâce aux Canard Enchaîné, encore (les autres n'ont pas de journalistes ou quoi ?), nous avons appris hier les belles conditions de la mission confiée à Mme BOUTIN, juste à l'issue de la période où elle touchait son salaire de ministre. 9.500 € net pour elle, et un coût total de 22.000 € par mois en comptant ses collaborateurs. Soit plus de 250.000 € sur une année...
Ces jours-ci, nous avons pu découvrir les conditions immobilières dont profitent certains ministres, les accompagnements sécurisés et coûteux de "personnalités" qui n'y ont pas droit (Ségolène Royal et François Bayrou en tête), des détails sur les retraites outrancières des parlementaires, etc...
Espérons que les journalistes français, les associations citoyennes, et avec eux toute la société française, pèseront enfin de tout leur poids pour aller vers une démocratie beaucoup plus exemplaire, et un pouvoir politique beaucoup plus respectueux de l'argent public et du pouvoir délégué par les citoyens. C'est peut être le moment ou jamais.
PS : Didier Porte vient de finir sa chronique, où il aborde les cas Boutin, mais aussi le cas de (Pierre) Bachelot !
Rédigé à 08:10 dans Citoyenneté, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
A la veille de la sortie du prochain numéro du Canard Enchaîné, et avant que tout cela ne retombe dans l'oubli, je reproduis ci-dessous l'article que le Canard Enchaîné consacrait la semaine dernière à l'appartement de fonction de Fadela Amara, et à son utilisation plutôt "libérale".
Dans une démocratie qui fonctionne bien, cela ne serait jamais arrivé. Et, si cela était arrivé, la conséquence minimale aurait été la démission de la personne incriminée (démission que je ne souhaite pas spécialement par ailleurs, j'ai du respect pour le parcours de Mme Amara). Mais nous sommes en France : l'abus en cause - reconnu - a été mollement relayé par certains médias, complètement ignorés par d'autres (notamment une partie de l'audiovisuel public), et tout cela est déjà retombé, malgré la gravité des faits. Gravité aggravée selon moi par les discours antérieurs de Fadela Amera, expliquant qu'elle avait préféré continuer de vivre dans un HLM (ce qui est donc vrai, mais incomplet...).
Si Fadela Amara avait démissionné, j'aurais pensé qu'elle était aussi une victime d'un système décomplexée. Mon opinion, du coup, est plutôt qu'elle en est la complice.
Rédigé à 20:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
J'ai vraiment bien ri avec cet excellent dessin de l'excellent Vidberg. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, son blog est là : http://vidberg.blog.lemonde.fr, mais on peut aussi le suivre sur Twitter : @Vidberg (tout simplement !)
Rédigé à 20:40 dans Bandes dessinées, N'importe nawak, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
Le retour en France de Clotilde Reiss, abondamment commenté, soulève de nouveau de manière aigüe le problème de la transparence de l'action politique.
Bien entendu, il convient de se réjouir du retour en France de cette personne. Cela ne doit pas empêcher les questions de fond d'être soulevées. En effet, l'intérêt supérieur de l'État, s'il existe, ne peut se faire à l'encontre des citoyens. Or, il existe schématiquement 2 moyens de contrôle de l'action de l'État :
Faute de voir ces moyens de contrôle fonctionner, les questions des médias et des citoyens intéressés par la chose publique restent donc sans réponse : cela créé une situation de porte ouverte à toutes les spéculations (C. Reiss est-elle une espionne, une contrepartie a-t-elle été versée, quel est le rôle réel des états remerciés par la France, etc...).
Cette situation est d'autant plus inacceptable pour les citoyens que 2 facteurs aggravants sont constatés :
Le premier, c'est la désinformation quant aux différents éléments de ce puzzle. Le gouvernement parle de "libération" pour quelqu'un qui était en fait assignée à résidence à l'Ambassade de France. Comme je l'ai lu sur Twitter, ce n'est quand même pas Midnight Express. Également, sont passés sous silence par les autorités les manquements à la prudence de Mme Reiss ("Elle n'a pris aucun risque" selon notre président). Nos gouvernants n'ont pas eu la même délicatesse envers les journalistes de France 3 retenus, eux, en otage. Je ne parle même pas du volet "potentielle contrepartie" : si les actions judiciaires en faveur des 2 iraniens (Majid Kakavand et Ali Vakili Rad) relèvent réellement sur hasard de calendrier, rien n'interdisait au gouvernement de le communiquer spontanément de manière plus claire. Enfin, le flou sur les conditions de sa libération a été total pendant plusieurs heures. On a finalement appris que Mme Reiss a été en fait condamnée, puis a bénéficié d'une mesure de clémence en voyant sa peine commuée en amende.
Le deuxième facteur aggravant, c'est, une fois de plus, l'utilisation de cet épisode à des fins politiques. En laissant croire que la "libération" de Mme Reiss est le fruit d'une action politique particulièrement habile, on fait rentrer ce sujet dans le champ partisan. En quoi le président de la République avait-il besoin de recevoir Mme Reiss dans la foulée de sa libération, et en quoi une déclaration de sa part sur le perron de l'Elysée avait-elle un sens ? Soit Mme Reiss travaillait pour la France (i.e. pour le renseignement français) et la discrétion s'imposait, soit elle est réellement une innocente victime, une simple étudiante, et on peut s'interroger sur le poids politique qu'il convient de lui donner. Ce n'est pas la première fois que M. Sarkozy donne plus d'importance que de raison aux victimes, mais cette pratique ne manque pas de surprendre.
Au final, nous avons une fois de plus, et c'est malheureux, l'illustration d'un dysfonctionnement profond de la démocratie française, une preuve de plus de l'incapacité de nos dirigeants - et ce n'est pas nouveau - à mener une action politique transparente et lisible pour les citoyens.
Rédigé à 20:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
Le gouvernement vient d'émettre son document d'orientation sur la réforme des retraites. Vous pouvez le télécharger si ça vous intéresse : Document_d-orientation_du_gouvernement
Malheureusement, mais sans surprise, il écarte la première mesure qui serait juste et responsable : baisser les pensions des retraités actuels (voire des retraités à venir, mais tout dépend de l'équilibre futur du système).
Mon avis est que cette position du gouvernement est avant tout électoraliste : il faut se souvenir que ce sont les plus de 50 ans qui ont rendu possible l'élection de Nicolas Sarkozy, et qui restent la "cible" incontournable de toute élection. Mais je n'ai pas envie de polémiquer sur ce point. D'autant plus que je crois que beaucoup de retraités seraient d'accord pour revoir leurs pensions, pour peu que le système proposé soit expliqué et équitable.
Voici donc la justification officielle donnée par le gouvernement pour conserver les niveaux des pensions :
Le Président de la République a, pour sa part, écarté cette idée [NdA : de réduire les pensions] dès le lancement du rendez-vous 2010. Le Gouvernement refuse que les 15,5 millions de retraités voient le montant de leurs pensions baisser. Une telle décision serait à l’opposé du principe de confiance qui doit fonder notre régime de retraite.
Oui, vous avez bien lu : la seule justification pour ne pas prendre cette mesure, que je sais impopulaire, est liée à la "confiance" que les citoyens doivent garder dans leurs régimes de retraite... Rien d'autre. Or, ce "principe de confiance" n'est plus qu'une illusion, puisque, par exemple, les générations d'actifs actuelles ne savent pas quelle seront leurs durées légales de cotisation (sans même parler de la pérennité du système)...
Par contre, les arguments pour baisser les pensions sont nombreux. Le plus évident est que les retraités actuels sont ceux qui ont entretenu, en tant que citoyens, le système actuel déficitaire. Autrement dit, l'héritage de ce système est directement de leur responsabilité collective. Il serait donc juste qu'ils contribuent aussi à sauver ce système, qui reste, j'en suis persuadé, un bon système sur le principe.
Aujourd'hui, les retraités hommes gagnent en moyenne plus que les actifs hommes. Cela ne me paraît pas être très logique. Nous ne pouvons pas tolérer de continuer à nous endetter pour maintenir un système qui est structurellement déficitaire, même si cela entraîne des décisions douloureuses. Ce n'est pas aux futures générations d'actifs et de contribuables de payer les dettes du passé !
Bien entendu, il ne s'agirait pas de baisser toutes les retraites de manière inconsidérée : il faudrait commencer par garantir un niveau de retraite minimum, qui permettent aux moins chanceux de nos aînés de conserver leurs pensions : la moyenne des retraites peut être baissée, mais les plus basses retraites doivent être préservées. De même, il est sans doute utile de redonner du souffle à des dispositifs (et plus largement à des secteurs économiques) d'aide contre la dépendance.
Il faut également revoir les pensions sur les régimes de retraites déficitaires. Certains le sont pour de "bonnes raisons" (il y a, par exemple, de moins en moins d'agriculteurs), et ne doivent pas souffrir d'une baisse des pensions. Mais est-ce réellement le cas pour tous les régimes déficitaires ?
On pourrait également envisager de rétablir une taxation "sociale" sur les héritages, solution malheureusement taboue semble-t-il.
Bref, je ne suis pas spécialiste du dossier, et des points techniques doivent sans doute être étudiés avec attention, mais je déplore le manque de courage du gouvernement sur cette question de principe. Pour moi, il serait naturel que les générations qui se sont endettées, notamment au travers d'un régime de retraite déséquilibré, contribuent de manière visible au sauvetage de celui-ci.
Rédigé à 23:43 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Pour ce qui est de la question du pouvoir politique, c’est Chantal Jouanno qui pose elle-même le problème. Voici ce qu’elle dit (source : Le Monde) :
"C'est clair, c'est le Medef qui a planté la taxe carbone. Au nom de la compétitivité. Est-ce que le Medef s'est ému des 2 milliards de bonus distribués aux banquiers ?" Au final, la volte-face sur la taxe carbone est le triomphe de "la culture du pouvoir sur la culture de l'action", juge Mme Jouanno, pour qui, "malgré tout, on n'est pas complètement sorti d'une forme de monarchie. C'est le pouvoir de l'apparence : officiers de sécurité et gyrophares pour les ministres"
Cette façon de poser le problème de la fragilité du pouvoir politique envers les différents groupes de pression est peut-être surjouée (i.e. mise en scène), ou peut-être courageuse, mais peu importe : elle pointe du doigt la nécessité aujourd’hui plus que jamais de restaurer le pouvoir politique comme outil concerté et démocratique de direction de la société.
La manipulation politique, elle est illustrée par Jean-Louis Borloo. Je l’ai écouté – abasourdi - expliquer d’où venait la reculade du gouvernement (source : AFP) :
"La fiscalité écologique, elle est légèrement abîmée", a observé le ministre de l'Ecologie devant les députés lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Pourquoi? Pas par ceux qui l'ont votée, pas par ceux qui l'ont promue. Par ceux qui n'ont pas cessé de la critiquer, de la caricaturer", a-t-il lancé en direction des bancs socialistes. "Vous avez pris en otage la fiscalité écologique, vous avez pris en otage l'écologie, vous avez pris en otage la planète", a poursuivi Jean-Louis Borloo, le visage empourpré par la colère. "La planète, elle mérite bien mieux que cela", a-t-il conclu.
Outre l’usage de la désormais fâcheuse tournure « pris en otage », et la démesure objective du pouvoir médiatique conférée aux dirigeants socialistes, ce discours est l’illustration parfaite d’une manipulation politique, et l’image même de l’irresponsabilité politique lorsque le discours des dirigeants oublie l’action pour ne passer que sur le registre de la communication.
Rédigé à 20:50 | Lien permanent | Commentaires (1)
Comme beaucoup de personnes, je crois, j'ai suivi avec grand intérêt ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Viguier". Peut-être, inconsciemment, par voyeurisme, tant il est vrai que cette histoire entre en résonance avec beaucoup de récits fictionnels ou d'histoires vécues qui ont pu jalonner ma vie, mais aussi, je crois, parce que cette histoire nous apprend beaucoup sur la justice.
A quelqu'un qui me demandait récemment "où j'en étais avec la religion", j'expliquais que j'étais plus intéressé aujourd'hui par les questions philosophiques que par les questions religieuses (même si cela peut converger). Et je donnais, à titre d'exemple, le fait que j'étais plus intéressé par les questions "qu'est-ce que la vérité", ou "qu'est-ce que la justice", que par la question "Dieu existe-t-il". En guettant hier sur Twitter et sur le net le verdict du procès de Jacques Viguier, je me suis souvenu de cette réponse et j'ai compris pourquoi ce procès m'interpellait.
Sur le fond de l'Affaire, tout a été dit je pense. Si Suzy Viguier a été assassinée (ce qui est loin d'être certain), son mari reste la personne la plus susceptible d'avoir commis le crime. Mais j'avoue qu'une condamnation aurait provoqué une certain malaise, au vu du peu d'éléments factuels soulevés par l'enquête et mis en valeur par l'accusation. La question posé au jury n'est pas un "loto sportif" : ce n'est pas "qui a le plus probablement tué Mme Viguier si elle a été tuée". Non, il s'agit bien de savoir si on peut condamner un homme à passer 15 ans ou plus en prison sur ces bases-là. Me Dupond-Moretti, avocat de l'accusé, a eu bien raison de dénoncer un "un concours Lépine de l’hypothèse".
Si je voulais revenir aujourd'hui sur ce procès, c'est avant tout pour expliquer comment je suis venu à m'y intéresser. Au départ, alors que je ne connaissais absolument rien de cette histoire, il y a un long (12 pages) article dans le numéro 5 de XXI, que je ne présente plus. Sous le titre "La dame de pique de Toulouse", un journaliste indépendant, Rémi Lainé, expose sa vision de l'affaire dans un style fort plaisant. Au moment où le premier procès démarre, je suis donc au courant des incertitudes qui pèsent sur cette histoire, sur les approximations des protagonistes; à commencer par le commissaire de police.
Ce qui va me permettre de suivre avec un certain "plaisir" le premier procès, puis celui en appel, ce sont les chroniques de deux journalistes : Pascale Robert-Diard, du Monde, et Stéphane Durand-Souffland, du Figaro. Il est certain que la chronique judiciaire est sans doute un sujet plus "facile" que d'autres, tant la matière est riche, mais d'Elf à Jacques Viguier, en passant pas Clearstream ou Outreau, ces journalistes font un travail précieux pour leurs lecteurs !
Pascale Robert-Diard, qui, outre les articles repris par Le Monde anime son blog (Chroniques Judiciaires); a un sens aigu de la dramaturgie des procès. Elle sait ressortir des éléments qui donnent une vraie épaisseur au dossier qu'elle aborde, avec un style d'écriture fort agréable, à grand renfort de dialogues tirés des procès. Extrait de son billet ou elle aborde les écoutes téléphoniques dans le procès Viguier ("C'était l'aurore") :
A chaque fois, la même impression contradictoire. L’intérêt face au témoignage brut. La gêne face à la violence de l’intimité violée. L’instantanéité de la vie qui déboule dans l’univers codé, ritualisé, maîtrisé du procès d’assises. Au procès de Jacques Viguier, ces moments là rythment l’audience depuis que le président Jacques Richiardi - un grand, j’en reparlerai - a décidé de verser au dossier des dizaines d’heures d’écoutes téléphoniques enregistrées pendant l’enquête et qui n’avaient jamais été exploitées.
De son côté, Stéphane Durand-Souffland dévoile un style précis et élégant, une qualité d'écriture sans doute supérieure encore, et un parti-pris à la fois critique et précis. Extrait de son article sur le réquisitoire (raté de l'avis de beaucoup) du procureur lors du procès Viguier (la première phrase m'a fait rire au moins 5 minutes) :
Quelques mots, pour finir, sur ce qui devait être un réquisitoire, puisqu'il a été prononcé par un homme habillé en avocat général. Marc Gaubert estime que Jacques Viguier a commis un meurtre sur la personne de son épouse, parce qu'il savait qu'il allait « perdre le divorce . [...] Mais il autorise les jurés à pencher pour les coups mortels - « j'en sais rien, moi, j'y étais pas » - et à prononcer une peine qui ne « plongerait pas les trois merveilleux enfants dans l'obscurité ». Absurde marché, qui signe la démission choquante du ministère public : 20 ans ou l'acquittement. Comme M. Gaubert le disait lui-même sur un autre sujet : « Dans une affaire aussi sérieuse, ce n'est pas très sérieux. »
Merci à tous ces journalistes qui, en faisant un travail sérieux sur des sujets tout autant sérieux, vont bien plus loin que du simple journalisme, et démontrent ce que du journalisme de qualité peut apporter dans la compréhension du monde et la réflexion de chacun.
PS : le dernier roman de Patrick MODIANO sort ces jours-ci. Cette histoire de gens qui passent, qui disparaissent, qui ne mentent pas mais ne disent pas la vérité, qui ne savent plus mais pensent se souvenir, on la dirait écrite par lui...
Rédigé à 17:08 | Lien permanent | Commentaires (0)
Indiscutablement, le Grand Chelem que vient de réaliser l'équipe de France de Rugby n'a pas été maîtrisé de bout en bout.
Cela est vrai pour le dénouement, hier contre les Anglais, où ceux qui ont produit du jeu ont perdu, mais vrai aussi pour les autres matches du tournoi (à l'exception, et encore, de celui contre l'Italie) : contre l'Écosse, match un peu bancal de début de tournoi, contre l'Irlande, où le score est tellement peu représentatif du match, ou encore contre le Pays de Galles, où le flamboyant Michalak chasse par un coup de pied contestable les fantômes d'un possible retour Gallois... (geste désormais interdit par le Board).
Pour autant, quel plaisir que ce Grand Chelem ! Sans doute plus que si nous avions infligé 40 points à l'équipe de la Rose, d'ailleurs. En effet, si l'on aime le Rugby, ce n'est pas que pour les passes et les grandes chevauchées, mais aussi - voire surtout - pour le combat collectif et individuel que ce sport impose. Si ce sport fait vibrer, c'est aussi par l'identification envers les joueurs, et par l'extrême difficulté que ce sport représente en termes de contrôle de soi et d'engagement physique.
Une fois de plus, les 6 équipes de ce tournoi, et la victoire écossaise en terre irlandaise le prouve, ont montré la grandeur de ce sport, et la cohérence de ce tournoi ancestral. Alors, au bout du compte, c'est tout sauf un "petit" Grand Chelem. C''est la réponse toujours collective et toujours pertinente d'une équipe aux 5 problèmes successifs qui lui ont été posés, et, c'est pour nous spectateurs-supporters, beaucoup d'émotion positive et de bons moments, tout simplement.
Au niveau des joueurs, j'ai vraiment été bluffé, comme tout le monde, par la première ligne, et remarqué que nous avions toujours une troisième ligne excellente. Mais c'est, dans le paquet d'avant, la deuxième ligne qui m'a le plus fait plaisir ! Nallet est vraiment un joueur exceptionnel, en défense comme dans les phases offensives. Pierre a démontré qu'il avait vraiment sa place en Bleu, quant à Chabal, il a enfilé avec le même plaisir le bleu de travail, pour apporter avec abnégation sa contribution à la domination française. Belle réponse à ceux qui ne le disait intéressé que par ce qui brille.
Sur la troisième ligne, Trinh-Duc m'a convaincu, alors que j'étais sceptique en début de tournoi. Poitrenaud a (enfin ?) été constant, et toujours aussi plaisant. Seul bémol, m'a femme avait l'air sceptique sur le fait que j'ai pu jouer au poste d'arrière ("c'est celui qui est toujours partout, là ?"). Enfin, et sans oublier les autres, je n'aurais en cette fin de tournoi aucune difficulté à affirmer, comme je le fais depuis 2003 au moins, que Yannick Jauzion est vraiment le meilleur joueur parmi les arrières bleus !
Au cœur de l'hiver, et au fil des matches du tournoi, l'équipe de France de Rugby nous a apporté un peu de chaleur. Il n'est pas illogique que, hier, le Grand Chelem ait suivi de quelques heures le printemps.
Rédigé à 10:28 | Lien permanent | Commentaires (0)
Note : je m’en tiens dans ce billet à une analyse sur les 22 régions de la France Métropolitaine. Que les éventuels lecteurs d’Outre Mer m’excusent pour cette simplification. Mais l’analyse reste valable pour leurs régions…
Avec la victoire massive du PS qui se dessine pour le 2nd tour des régionales, se dessine aussi une réalité qui me dérange : le non-renouvellement massif des présidents de région.
Certes, ces élections ne renouvellent les assemblées que pour 4 ans (au lieu de 6 habituellement), mais il n’en reste pas moins que les présidents (ou les conseillers) réélus seront restés en poste au minimum 10 ans (sauf, et je le précise pour les puristes, les quelques régions dont les présidents sont décédés ou ont démissionné en cours de mandat – pour cause de non-cumul essentiellement). Dans certaines régions (PACA, Haute-Normandie, IdF, Aquitaine), la réélection du président sortant serait même un remake de 2004, portant à 16 ans le « règne » de ces présidents s’ils tiennent jusqu’en 2014.
On peut penser ce que l’on veut de la qualité de chacun de ces présidents, mais j’ai du mal à me dire qu’il n’ y aura aucune conséquence négative à ce conservatisme : blocage des opportunités pour des gens de valeurs, conservatisme sur certaines décisions, persistance de choix stratégiques défavorables, voire, c’est inévitable, collusions et népotisme. Autre dommage collatéral : seules 2 régions sont actuellement présidées par des femmes, et ce chiffre va donc stagner. Même si rien ne dit que leur nombre aurait pu augmenter, c’est une bel exemple (quoique involontaire à l’échelle individuelle), de la reproduction des inégalités.
On m’objectera, et on aura bien raison, que le changement peut lui aussi provoquer des problèmes graves : rupture de continuité, incompétence, volonté de chasse aux sorcières… Je ne pense cependant pas que les méfaits du changement dépassent les méfaits ou le manque à gagner du statu quo.
Je comprends donc la logique de continuité, tout comme je comprends le désir – pour un président de région qui estime réussir – de prolonger l’aventure. Mais je constate que c’est une attitude plus que généralisée puisque tous – je dis bien tous – les présidents de région se représentent en 2010, et, sauf cyclone électoral le 21 mars, 80 % à 100 % d’entre eux seront réélus. Ce qui prouve non seulement que « la place est bonne », comme on dit (quelle entreprise ne rêverait pas de voir TOUS ses salariés convaincus de rester au bout de tant d’années….), mais qui est révélateur de plusieurs dérives du système politique :
Pour en revenir à nos régions, ne pourrait-on pas espérer venant de partis politiques modernes un peu plus de « turnover » dans le choix des candidats ? Ne pourrait-on pas tout simplement proposer de limiter à un renouvellement le mandat de Conseiller Régional, comme cela a été fait pour le Président de la République ? Plus audacieux, ne pourrait-on pas accompagner le scrutin de désignation des représentants par des référendums plus précis sur la stratégie régionale, ce qui dépersonnaliserait le débat ? Pour moi, nous gagnerions à ce que la réponse à ces questions soit OUI, OUI, et OUI.
Rédigé à 14:00 dans Citoyenneté, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Sur le site de "Philosophie Magazine", un article drôle et instructif : Débat politique et grosses ficelles.
Une analyse de l'utilisation par les cadres l'UMP de plusieurs stratagèmes de L'art d'avoir toujours raison de Schopenhauer.
Parmi les constats de Schopenhauer, celui-ci que Philomag relie à l'utilisation par l'UMP du thème de l'abstention : « Quand l'on s'aperçoit que l'on est battu, on opère une diversion : autrement dit, on se jette tout d'un coup dans un tout autre propos, comme s'il faisait partie du sujet et était un argument contre votre adversaire. Ce qui a lieu avec un peu de discrétion, lorsque la diversion reste malgré tout liée au thema quaestionis [le thème, la question d'enquête] »
Je crois que je vais le lire, ce bouquin de Schopenhauer, moi...
Post Scriptum : vous pouvez trouver l'ebook de "l'Art d'avoir toujours raison" ici : http://www.livres-et-ebooks.fr/ebooks/L%27Art_d%27avoir_toujours_raison-4198/
Rédigé à 22:47 dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Les commentaires récents