25 juin 2009

A la fin de la fable, la moralité ?

Il y a quelques jours (voir ci-dessous), Nicolas Sarkozy qualifiait de "fable" la possibilité d'un lien entre l'attentat de Karachi et l'existence de rétro-commission.

Depuis, Charles Millon a confirmé dans Paris-Match, qu'il avait bien mis fin à des pratiques de rétro-commissions :

Ce qui est certain, c’est que peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m’a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d’armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. C’est ce qui a été effectué : chacun d’entre eux a fait l’objet d’une expertise particulière.

On ne sait toujours pas s'il s'agit d'une fable, mais la moralité promet de valoir son pesant de cacahouètes...

PS : enfin, j'espère, parce que là je viens d'être obligé de citer dans une même note Charles Millon ET Paris-Match.

23 juin 2009

Et hop, Bernard prend la porte...

Ouais, je sais, c'est nul.
Mais si je ne la fais pas aujourd'hui, je ne la fais jamais !!
En même temps, il n'est pas seul, puisque Christine Boutin ou Christine Albanel (la première vraie victime d'HADOPI) sont dans la charrette.

Et puis Hortefeux à l'intérieur, c'est quand même plus crédible qu'aux affaires sociales, non ?

Sinon, no comment, vous n'avez qu'à vous faire votre propre opinion : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/23/01002-20090623ARTFIG00565-un-remaniement-plus-large-que-prevu-.php

PS : oui oui, à y être je mets le Figaro comme lien, c'est la source la plus fiable concernant le gouvernement...

22 juin 2009

CQFD

Depuis quelques temps, toute critique de la manipulation des médias par le pouvoir est qualifiée par certains de paranoïa (ou de bayrouisme, ou d'anti-sarkozysme primaire, etc.).

2 faits récents me semblent apporter un éclairage intéressant :

  • Le premier, c'est l'éviction de Frédéric Pommier de sa revue de presse matinale, éviction qui me gêne d'autant plus que la revue de presse fait partie de mes podcasts quotidiens... Il n'a donc pas fallu longtemps pour que Philippe Val fasse des siennes et marque de manière assez radicale (pour Pommier en tous cas) son territoire.
  • Le second, c'est la révélation de l'existence d'une note circulaire de M. Borloo aux préfets, à la veille de la campagne officielle des européennes, les enjoignant de veiller à la diffusion, sur leur territoire, du film Home (source : Le Monde). On comprend mieux la réaction de Xavier Bertrand : "Le score des Verts : Home diffusé deux jours avant le scrutin, 9 millions de spectateurs !"

Je suis sûr qu'il y a d'autres exemples, mais là, j'ai du boulot. Et sinon ça va me déprimer...

20 juin 2009

Retour aux affaires...

Les magistrats français en charge de l'affaire de l'attentat de Karachi, qui avait coûté en 2002 la vie à 14 personnes, étudient (parmi d'autres) une piste qui ne serait pas islamiste mais politique, à savoir une réaction pakistanaise à l'interruption du versement de commissions militaires.

Malgré la vraisemblance de la piste - personne n'a contesté que des commissions aient pu être versées - la réaction de Nicolas Sarkozy à la question d'un journaliste est édifiante à plusieurs égards. Outre qu'elle montre un mépris des journalistes (ce n'est pas nouveau), une maîtrise de la langue française hésitante ("et puis si vous avez des éléments donnez le à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent"), et un respect des victimes contestable ("l'attentat de Karachi c'est la douleur des familles et des trucs comme ça..."), vous conviendrez que c'est une drôle de façon de respecter l'indépendance de la justice.



25 janvier 2009

Revue de presse, en vrac.

Et hop, une petite revue de presse et de blogosphère en ce dimanche. A tout seigneur tout honneur, quelques extraits d'une longue interview de l'historien Gérard Noiriel dans XXI. Cet historien, qui a créé le CVUH (Comité de Vigilance face aux Usages public de l'Histoire), et qui enseigne à l'EHESS, semble avoir une méfiance absolue envers ceux qui utilisent l'histoire à des fins purement politiques. Il rappelle par exemple une chose simple mais utile par les temps qui courent :

Il faut donc toujours commencer par bien faire la distinction entre histoire et mémoire. Les discours mémoriels visent en général à célébrer une communauté, à dénoncer des ennemis. A sauver de l'oubli, aussi : c'est ce qu'on appelle le "devoir de mémoire". Le discours mémoriel est donc partie prenante du discours politique ou du discours public. C'est un jugement porté sur le passé. A l'inverse, l'histoire - "l'histoire science" comme je l'appelle - n'a pas vocation à réhabiliter ou a dénoncer, mais à comprendre et expliquer le passé. Ce second discours, forcément spécialisé, intéresse peu, en général, les citoyens.

Certes, il serait simpliste de résumer à cela son propos, mais cette phrase est assez emblématique de l'entrevue. Je ne peux que vous encourager une fois de plus à acheter XXI pour lire cet entretien et le reste, alors je vais me contenter de citer un autre passage, qui m'a fait réflechir :

"On est dans le fantasme d'une nation en péril. [...] Selon cette conception [communautariste], la France aurait eu, autrefois, une mémoire homogène, intégratrice. Aujourd'hui, elle serait clivée. Mais comment peuvent-ils dire cela ?  A quelle époque font-il référence ?. [...] Comme historien, je ne peux pas prendre pour argent comptant ce mythe de l'unité nationale. Il faut relire Maurice Barrès pour pour voir à quel point les discours sur la défense de l'identité nationale menacée par les étrangers ne sont pas nouveaux. Sur fond d'antisémitisme, il s'en prenait clairement aux étrangers, au nom d'une identité nationale fondée sur des racines très ancienne, comme la religion catholique."

Dans le genre très drôle sur un fond moins comique, l'excellente chronique de François Reynaert dans le nouvel observateur du 15 janvier, chronique que vous pouvez aussi retrouver en intégralité sur le Net. Cette chronique, consacrée à la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, est illustrée par une photo de poste de télévision, ainsi légendée : "Sans pub mais soumise". Ce qui m'a déjà fait rire. Mais tout est bon, en fait, comme ce passage où il pointe à juste titre : "qui a envie, sinon pour le plaisir de faire une bannière intitulée «Touche pas à mon spot», de manifester pour défendre la pub à la télé ?"

Allez, 2 passages amusants :

«Au moins, ça met fin à l'hypocrisie de sa nomination», a dit la droite. Quel argument merveilleux ! Il faudrait l'étendre à bien d'autres secteurs. C'est vrai, tout le monde sait bien que M. Sarkozy tient le Parlement à sa main, qu'il rêve de mettre la justice à sa botte. Donc soyons honnêtes, supprimons cette stupide indépendance de la magistrature, finissons-en avec cette prétendue souveraineté de l'Assemblée nationale et, au nom de la lutte contre l'hypocrisie, ça va être très sympa, dans deux ans on aura l'impression délicieuse d'habiter dans la Tunisie de M. Ben Ali.

A la télé, M. Sarkozy ne règne pas uniformément partout. Via ses amis industriels, il a donc tout pouvoir sur la Une, la Six, la Huit. Grâce à sa réforme, il tient désormais la Deux la Trois la Quatre et la Cinq. Il reste donc de vrais espaces de liberté. En gros, soit Equidia - parce que là, ce n'est pas géré par l'UMP, c'est géré par le PMU -, soit la moitié d'Arte qui appartient aux Allemands : «Dis-moi, chéri, pourquoi tu regardes en boucle cette «Thema» sur l'avenir du développement durable dans les couloirs postindustriels de la Rhénanie- Palatinat, t'aimes bien ? - Non, je résiste.»

Une fois n'est pas coutume, un petit dessin du Canard Enchaîné de cette semaine. Sans commentaires, je crois qu'il résume bien les affres de la médiatisation.

Canard

Si vous aimez par contre le réactionnaire teinté de café-comptoir, je vous recommande le blog de M. Yves Thréard, du Figaro... (Ici). Pas vraiment dans les propos de l'auteur, mais surtout dans les commentaires que l'on peut y lire.Sans que, apparemment, les modérateurs ne trouvent à y redire. Je ne suis pas pour la censure, mais il me semble qu'un blog est un espace personnel, sur lequel on ne peut pas tout laisser dire, en tout cas pas sans y répondre. J'avais déjà noté sur ce blog les classiques appels au meurtre contre un assassin d'enfant, qui, s'il sont récurrents, me paraissent objectivement assez choquants.

Là, c'est une note sur M. Karoutchi et son homosexualité qui déchaine les passions (soit M. Thréard s'en doutait, et c'est un provocateur, soit il ne s'en doutait pas, et c'est un idiot). On peut donc lire sur ce blog des propos aussi anodins et bon enfant que :

"Que cette chose soie envoiée en hôpital." (sic)

"Être pédale et politicien me semble incongru,la vie de la cité est parallèle au  développement démographique. [...] Il est grand temps de limiter l'influence de cette "nouvelle juiverie",je le dis pour les prévenir du retour de balancier qui ne manquerait pas de survenir comme d'autres l'ont connu à leurs dépens." (sic encore, d'un autre)

"le gay et lesbian power est d actualite... n est ce pas un signe de la degenerescence de la race humaine? Ils en sont fiers et alors? ils devraient etre tatoues et castre au lieu de s afficher comme si leur maladie etait un titre de gloire." (toujours sic, d'un autre encore)

J'en passe et des pires. Ces propos, passibles en France du tribunal, ne semble pas émouvoir nos "amis" du Figaro. Je l'ai signalé en commentaires, ce qui m'a valu un "eldesdichado petit connard de la halde!" d'un commentateur inspiré.

Les intégristes l'emportent à Rome. Non, ce n'est pas un compte-rendu d'un match du calcio, je n'ai pas écrits "les Intéristes" (joueurs de l'Inter Milan, NdA). Non, malheureusement,il s'agit bien de la décision par Benoît XVI d'annuler l'excommunication de 4 évêques, tous ordonnés par Mgr Lefebvre (décédé depuis) sans l'accord du pape, en 1988. Jeudi encore, l'un de ces 4 évêques déclarait encore : "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Quand au porte-parole du Vatican, il y voit lui "un pas très important vers la reconstitution de la pleine communion de l'Eglise".

Pour finir par une note plus positive, une référence au blog de Maître Eolas, qui fait référence aujourd'hui dans le microcosme des blogs ayant trait à la justice. Son auteur respecte plutôt bien le principe du blog, à savoir auto-célébration et mauvaise foi, mais cela est combiné avec une qualité d'analyse et d'écriture qui rend bien souvent ce blog incontournable et agréable à la fois. Il a publié il y a deux jours une note sur la présomption d'innocence, titré justement Pour en finir avec la présomption d'innocence. Il y expose son opinion quant à la confusion qui existe aujourd'hui autour de ce terme. Sa thèse, résumée en une phrase : "JAMAIS la présomption d'innocence, qui est une présomption SIMPLE, c'est à dire que la preuve contraire peut être rapportée, n'a interdit de dire ou de laisser entendre que telle personne était coupable." Je suis assez d'accord avec cela, car, sinon, adieu le journalisme d'investigation, adieu le contrôle des citoyens sur le politique, etc... Comme l'écrivait en substance Badinter, nous vivons de plus en plus dans une époque de parties-civiles, et de moins en moins de citoyens. Espérons que les derniers remparts à cette tragédie ne soient pas rompus par ceux qui savent qu'ils ont beaucoup moins de risques que les citoyens moyens de se voir condamner en justice.

Post-Scriptum : le dernier Philosophie Magazine, le 26, est sorti. Je ne l'ai pas encore lu, mais le titre est "Comment peut-on être anti-capitaliste". Je me suis dit que le sujet intéresserait certains lecteurs de ce blog...

20 janvier 2009

With God on our side.....

Bien sûr, j'aurais pu faire un billet sur notre amie Ségolène Royal, mais j'ai déjà fait un billet peu sympathique envers Julien Dray, et, outre mes problèmes de quota sur des billets parlant des socialistes, je m'en voudrais de m'acharne.
Je ne commenterais donc pas ici les propos de Mme Royal, à savoir qu'elle ne voit pas pourquoi elle "n'assumerait pas : oui, j'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés". A lire ici . Elle est comme ça, elle, elle ose tout.

Non, je voulais juste signaler ce passage quasi mystique de "notre" nouveau président Obama (à croire qu'il a réellement copié Ségolène Royal) :

We remain a young nation, but in the words of Scripture, the time has come to set aside childish things. The time has come to reaffirm our enduring spirit; to choose our better history; to carry forward that precious gift, that noble idea, passed on from generation to generation: the God-given promise that all are equal, all are free, and all deserve a chance to pursue their full measure of happiness.

18 janvier 2009

Julien Dray, seulement victime ?

Depuis qu'a éclatée "l'affaire" Julien Dray, pas 3 jours sans un article dans la presse. Julien Dray lui-même n'hésite pas à laisser transparaitre sa position quant à l'affaire : il n'a rien a se reprocher (je le cite «Cette affaire n'aurait jamais dû être confiée à la justice, car ce n'est en rien une affaire pénale. C'est au mieux un dossier fiscal»).

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13 janvier 2009

Figaro, religion et Grand Rabbin

Il fut une époque où il aurait probablement fallu me payer pour que je lise le Figaro, hormis le délectable courrier des lecteurs (j'aurais l'occasion d'y revenir un jour). Désormais, j'ai mûri (ou vieilli, ou disjoncté, au choix), et je suis d'accord pour le lire à condition de ne pas le payer, ce qui est notamment possible sur Internet en version électronique. Ou encore chez le docteur, chez mon beau-père, dans l'avion, quand quelqu'un l'a oublié dans le train, etc.

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11 janvier 2009

XXI, encore.

Cela aurait pu être une de ces bonnes idées éditoriales qui s'arrêtent au bout du deuxième numéro. Par bonheur, le numéro 5 vient déjà de sortir, ce qui, pour un trimestriel, signifie déjà plus d'un an d'existence.

Couv-XXI-5

XXI (vingt-et-un), pour ceux qui n'ont pas encore la chance de connaître, c'est un trimestriel au format A4, sans publicité, de plus de 200 pages, qui offre à ses lecteurs des reportages de très grande qualité, une illustration délectable, tout ça imprimé sur du papier de qualité. Et la superbe couverture, c'est cadeau.

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28 décembre 2008

Un président "pas compatible" avec la démocratie...

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui. Enfin, c'était lui, en 2006... Depuis, M. Marchiani, proche de Charles Pasqua, lui-même pas tout à fait étranger à Nicolas Sarkozy (remember les Hauts-de-Seine), a pu bénéficier d'une grâce individuelle, accordée par ce même Nicolas Sarkozy.

Pour ceux qui n'ont pas vu la vidéo, un petit rafraichissement de mémoire (source : lepost.fr) :

10 octobre 2008

Spleen, Charles Baudelaire

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

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29 septembre 2008

République des blogs à Lyon, 30 septembre

Rdb4lyonDemain, se tient à Lyon la 4ème édition de la "république de blogs" à l'indo café.

Plus d'infos ici.

Je vais essayer de m'y rendre, sans certitude encore. En tous cas, l'ambiance y est plutôt sympa pour ce que j'ai pu en juger sur les éditions 2 et 3.

Sinon, il paraît que demain c'est la Saint Jérôme. Bonne fête à tous les Jérôme...

22 septembre 2008

Morts pour quelque chose.

La communication gouvernementale à propos de l'Afghanistan (à la différence de la fiscalité écologique) a ceci d'intéressant qu'elle laisse la place a des absences. C'est un peu comme France Info, si vous tombez sur un flash, c'est utile, mais si vous écoutez pendant 2 heures, ça devient un peu lassant. Bref, si vous avez raté Kouchner, Morin, ou Sarkozy, vous aurez toujours Fillon pour vous rappeler que, non, nos soldats ne seront pas morts pour rien ("tombés pour rien", pour reprendre les mots du premier ministre à l'Assemblée Nationale).

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12 septembre 2008

L'Etat complice de meurtre ?

Il y a quelques semaines, Mme Dati, en visite dans une prison, avait répondu à un détenu qui se plaignait (gentiment) des conditions de détentions :"Tenez-vous à carreau, et vous serez chez vous, libre, avec une chambre et des toilettes séparées. La prison, ce n'est pas l'hôtel." (source : Le Monde)

D'ailleurs, j'ouvre une parenthèse, s'en était suivi un débat assez intéressant sur le blog de Philippe Bilger, Justice au singulier. Il y a des gens pour qui la médiocrité des conditions de détentions est une continuité normale de la peine. D'autres aussi qui rappellent que tous les détenus ne souhaitent pas être emprisonnés seul.

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11 septembre 2008

Chomsky met son souk....

Si vous êtes des lecteurs du souk-blog Instantanés d'une société médiatiquement modifiée (oui, il y a des gens qui ont de l'imagination pour les titres...), vous savez que son auteur aime à traiter en particulier deux sujets : Noam Chomsky et les manipulations du gouvernement américain à propos du 11 septembre (si on fait abstraction du post sur les buffles, qui reste la référence de ce blog en termes de prises de positions engagées).

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10 septembre 2008

321 morts en Afghanistan.

Afganistan Rassurez-vous, bon peuple de France, il ne s'agit pas là de soldats français victimes d'une embuscade, mais "seulement" de l'estimation basse du nombre de victimes civiles des bombardements de l'OTAN ou des forces américaines (source : Human Rights Watch). Et encore ce chiffre ne vaut que pour 2007.
Mais, bien entendu, on n'en parle pas beaucoup dans nos contrées.

Et pourtant, nous, citoyens français, nous avons notre responsabilité dans ce qui se passe là-bas. Une responsabilité indirecte, bien indolore, passée quasi inaperçue pour beaucoup. Qui a eu l'impression, à un moment ou un autre, de voter pour ou contre la guerre en Afghanistan ? Bien sûr, c'était dans les programmes, diront certains. Et encore, le programme de notre chef des armées fraîchement élu ne mentionne pas le terme "Afghanistan", et ne parle qu'en toute fin du paragraphe 15, "Fiers d'être français" (sic), des conflits mondiaux. Bref, cette décision d'électeur et de citoyen a-t-elle été vécue par nous comme un enjeu à part entière, ou tout au moins comme un critère prioritaire de choix ?

Il faut attendre la mort de soldats français pour que les consciences s'éveillent, que les journaux (et les blogs) en parlent plus en détail. Et pourtant, sans cynisme aucun et avec le plus grand respect pour ces hommes morts au combat, qu'y a-t-il de plus logique que de voir des militaires mourir à la guerre ? Une guerre où il n'y aurait pas de morts dans les armées serait-elle "prise au sérieux" ? Une expédition militaire qui serait sans danger serait-elle différente d'une fiction hollywoodienne ?

Comment avons-nous pu oublier que, en prenant la décision d'envoyer des troupes dans un pays lointan, des jeunes gens allaient "revenir" entre des planches de bois ? Comment avons-nous pu faire abstraction des populations civiles qui ne manqueraient pas de pâtir de nos interventions ?

Pour ma part, je suis profondément rétif à toute utilisation de la force militaire. Ma vision de l'histoire et de l'Homme m'ont plutôt convaincu qu'il y a peu de guerre "utiles", et encore moins quand il s'agit de guerres "offensives". Même la situation insoutenable des victimes de la guerre de 39-45, et notamment celles des victimes de la Shoah, ne me semble pas avoir été déterminantes dans le déclenchement des offensives déterminantes des alliés (ce qui ne veut pas dire que le résultat n'ait pas été un bienfait au regard de ce que représentait le nazisme). Mais je ne suis pas historien...

Paris ne s'est pas fait en un jour, et l'équilibre géopolitique mondial ne supporterait sans doute pas un désarmement trop soudain (il faut être réaliste), mais je suis depuis longtemps persuadé qu'une bonne décision pour la France serait d'adopter, sur le long terme, un plan de démilitarisation progressive, y compris (et peut-être surtout) à court terme par la mise en commun des moyens de défense au niveau européen. J'espère voir bientôt un mouvement politique ou populaire porter ce message et cette ambition.

09 septembre 2008

Et Taser ?

L'escalade de la répression et de l'armement comme seule politique de sécurité publique vient de connaître une bonne nouvelle de plus (c'est un peu champagne ET caviar en ce moment).

Taser En effet,  et alors même que des dizaines de lois déjà votées restent en souffrance faute de décret d'application, il semble qu'il n'y avait probablement pas grand chose de plus urgent à faire en France que d'autoriser le port du Taser aux policiers municipaux.

L'adjoint à la sécurité d'Orange - ville "progressiste" s'il en est - ne le cache d'ailleurs pas : "Un policier pourra plus facilement l'utiliser qu'une arme léthale". (source : LyonPlus)

"Plus facilement l'utiliser", cela veut dire bien sûr l'utiliser dans des cas où il est une réponse proportionné à une menace réelle. Mais c'est aussi un risque certain de le voir utiliser dans des cas injustifiés, voire à des fins répréhensibles (du style : "tu veux un autre coup de Taser ou tu me dis qui à brulé cette voiture avec toi ?").
Evidemment, comme un certains nombres de dérapages coutumiers, ceux imputables au Taser devraient plus rapidement toucher des populations fragilisées, voire getthoisées (puisque les maires qui feront le choix du Taser ne seront statistiquement pas les plus progressistes...). Et il est probable qu'il engendrera de nouvelles violences, de nouvelles vendetta, de nouvelles humiliations.

Gageons que bientôt, dans certaines municipalités, à la question "Et Taser ?", on répondra "Il bat le beur...". Et ça ne me fera pas rire.

PS : vous m'excuserez de faire court sur un sujet aussi important sur le fond.

PS2 : question subsidiaire, est-ce que le fait de subir une décharge de Taser est passible d'une inscription immédiate dans EDVIGE ? Vous savez, EDVIGE, ce fichier que seuls les bien-pensants de droite défendent désormais....(clin d'oeil amical à Erick Roux de Bézieux)

02 septembre 2008

Reprise en douceur

Parce que certains savaient écrire et chanter des chanson qui en disent plus long qu'au premier abord...


Le Grand Café (Charles Trénet, interprété par Brassens)

15 août 2008

Welcome Jean-Mouloud*

*Les prénoms ont été changés, comme il est d'usage désormais pour les mineurs.

Bienvenue, Jean-Mouloud !

Que tu le veuilles ou non, nous sommes heureux de te compter parmi nous.

Pour les autres, on se demande toujours comment ils peuvent décider de procréer quand on voit l'état du monde. Les guerres, la mesquinerie, les dérives écologiques... (sans compter les emmerdements, comme disait Boris Vian).

Pour ses enfants, on ne se pose pas la question, je pense. Moi, je ne me la suis pas posée en ces termes en tout cas. Instinct, peut-être. Pour ma part, qui suis plutôt de type Ours, je veux bien croire à l'instinct animal. Mais toi, Jean-Mouloud, tu n'es pas le fils d'un Ours... D'un fennec et d'une belette, peut-être... Qui sait. Nous avons perdu le sens des totems en abandonnant notre lien à la nature...

J'espère que tu aimeras la vie. J'espère que tu aimeras les cris des enfants, les sourires des femmes, le vin et la fraternité des Hommes. Entre autres.
Quel que soit ton avenir, j'espère que tu seras vigilant envers les vendeurs d'illusions et les marchands de bonheur.

Plus que tout, j'espère que tu pourras, comme ton père et tant d'autres avant lui, profiter des papillons, de la liberté d'être toi-même et du rire des amants.

Allez, Jean-Mouloud, il n'est pas l'heure de se poser ces questions. Tu auras le temps. Un peu de temps.

Soit heureux un instant, cet instant c'est ta vie (Omar Khayyam)

21 juillet 2008

Les mots aussi s’usent

Est-ce que Siné est antisémite ? Franchement, cela m’importe peu, tant ce dessinateur m’indiffère depuis que j’ai quinze ans, et que, ayant emprunté à la bibliothèque municipale un de ses recueils de dessins, je l’avais trouvé pitoyable. Peut-être n’avais-je pas à l’époque la culture nécessaire pour comprendre son « humour », mais peut-être aussi que si je l’avais eue, j’aurais trouvé cela encore plus nul.

De même, je ne lis pas Charlie Hebdo, dont l’intérêt m’échappe quasi complètement malgré l’intérêt général que je porte aux caricaturistes et aux polémistes. Et j’évite de lire ce que peut écrire un Philippe Val, qui gagne peut-être à être connu, mais peut-être pas non plus.

Par contre, je suis perturbé depuis 2 jours, car je ne comprends pas la critique d’antisémitisme qui pèse sur cette « fameuse » phrase (et je ne parle pas là de son auteur dont je ne connais pas assez la production, cf. le premier paragraphe).

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Brèves

  • Nous devons nous demander quelle planète nous allons laisser à nos enfants, mais aussi quels enfants nous laisserons à la planète. Pierre Rabhi
  • L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.

    Jean Baudrillard
  • J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. Lautréamont
  • C'est pourtant simple : le "droit à l'accueil" des élèves, c'est la garderie payée avec le salaire prélevé au prof qui fait grève pour avoir les moyens de faire cours et pas garderie. Hervé Le Tellier (Le Monde.fr)
  • Il est plus difficile d’admettre ce qu’on sait, que de découvrir ce qu’on ignore.

    Raphaël Enthoven
  • Un homme qui vend du miracle afin d'être adulé n'est qu'un charlatan. Celui qui le lui achète, même s'il n'aboie pas, n'est qu'un chien.
    Sayd Bahodine Majrouh